ECONOMIE

Le train des primeurs Perpignan-Rungis en respiration artificielle

Une liaison non rentable confiée à partir du 15 décembre à une ex-entreprise d’Etat

© Fret SNCF
© Fret SNCF

Le convoi ferroviaire qui transportait 1200 tonnes quotidiennes de produits du Roussillon, d’Espagne et du Maroc vers le marché parisien, doit être relancé le 1 décembre. Mais cette liaison ferroviaire confiée à l’opérateur Novatrans n’est pas rentable.

L’avenir du  « train des primeurs » assurant le transport, donc la vente, de fruits et légumes du Roussillon dans le bassin parisien, à raison de 1200 à 1400 tonnes  par jour, n’est pas certain. Cette liaison importante pour l’économie agricole des Pyrénées-Orientales a été suspendue le 17 juillet et remplacée par un volant de 40 à 80 camions. Reliant le marché Saint-Charles de Perpignan et le marché de Rungis, servant Paris, elle était matérialisée par un convoi quotidien réfrigéré transportant des produits espagnols, marocains et français. Les transporteurs Rey et Roca, en partenariat avec la SNCF, l’ont faite fonctionner en utilisant des wagons datant des 1970, devenus vétustes. Le remplacement de ce matériel roulant s’élèverait à 30 millions d’euros, la SNCF exigeant 30 % d’augmentation de hausse forfaitaire pour moderniser le train. Le contrat de transport de ce « Perpi-Rungis » a été artificiellement prolongé jusqu’en juillet, mais cette liaison non rentable ne fonctionnait qu’à 80% de remplissage.


Un soutien économique artificiel, jusqu’à quand ?

L’arrêt de ce train est médiatique en Pays Catalan, mais l’opinion française n’en est pas véritablement saisie. A la marge, le quotidien  Les Echos a évoqué un « fiasco français », le 31 octobre, le gouvernement s’est engagé à une « offre de transport dès le mois décembre » et des acteurs politiques ont évoqué l’environnement pour dénoncer son remplacement par des dizaines de camions. Jean-Luc Gibelin, vice-président (PCF) de la région Occitanie, a ainsi pointé du doigt une « Hérésie environnementale ». Le 31 octobre, le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, annonçait que « dès le mois de décembre et de façon pérenne, une offre de transport combinée, affrétée par l'entreprise Novatrans, pourra faire circuler les premiers trains ». Novatrans, filiale de la SNCF jusqu’en 2013, promet à compter du 15 décembre une ligne Perpignan-Valenton, à quelque 14 km de Rungis, mais ce train arriverait trop tard pour les clients. Mais la date du 15 décembre reste incertaine, car les volumes de marchandises viennent à manquer. Le « Perpi-Rungis » devrait se heurter à de vains engagements politiques, devenus anachroniques dans le cadre d’une économie réelle et non dirigée indirectement par l’Etat au travers de Novatrans. Cet interventionnisme, anachronique dans le cadre européen et mondial, rend embarrassant l’avenir de la liaison Perpignan-Rungis, sujette à une problématique repoussée.