SOCIÉTÉ

De la gauche à l’extrême droite, on défend le CAPES de catalan

Le député Romain Grau obtient le maintien du diplôme

© Carles Cubeiro
© Carles Cubeiro

De la gauche à l’extrême droite, une partie de la classe politique du Pays Catalan s’oppose à la suppression du Capes de Catalan, qui permet d’enseigner la langue dans les collèges. Ce diplôme est finalement maintenu suite à l'intervention du député Romain Grau.

Suite à la décision révélée le 9 septembre par le ministère de l’Éducation de ne pas ouvrir la session 2020 du Capes de catalan, une étonnante série de personnalités politiques s’expriment. Favorable à ce « Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré », le conseiller départemental communiste Nicolas Garcia, jugeait le 24 septembre que cet « ostracisme » ne concerne « que la langue catalane alors même que l’étude sociolinguistique portée par le Département, les universités de Perpignan et Barcelone, démontre que la demande d’enseignements de catalan de la part des familles et des élèves croît spectaculairement ». Sur ce même aspect, l’Association pour l’Enseignement du Catalan (Aplec) estime à 18 le nombre de professeurs de langue catalane dans les Pyrénées-Orientales. Au total, le manque est observé dans 10 établissements du territoire.
Pour sa part, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, déclarait le 4 octobre « J’en appelle à la cohérence et à la responsabilité », après avoir saisi la rectrice de l’Académie de Montpellier. A Perpignan, les syndicats enseignants CGT Education, Sud Education et SNES-FSU se sont également élevés, le 2 octobre, contre la mise à l’écart de ce diplôme créée en 1982.


Lettre au ministre opposé aux langues régionales

Le député Romain Grau, candidat aux élections municipales de Perpignan, a écrit deux fois au ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, le 16 septembre et le 5 octobre, notamment pour défendre une « source de richesse pour notre pays et le système éducatif ». Le ministre, d’origine catalanophone valencienne, s’était opposé aux langues régionales, le 21 mai, en déclarant «cognitivement ce n'est pas si bon que ça». Mais il a adressé une réponse positive, jeudi 10 octobre, stipulant le maintien. L'élu centriste a souligné : "Cette décision de maintenir le CAPES de Catalan est une bonne nouvelle pour les 
étudiants qui s’étaient préparés depuis de nombreux mois à ce concours, mais  également pour les élèves de notre territoire qui souhaitent apprendre cette langue. 
L’enseignement du Catalan est essentiel pour le département des Pyrénées-Orientales, pour notre économie et le rayonnement de notre territoire. Je tiens à saluer le travail et l’implication dans ce dossier de Madame la Rectrice de l’Académie de Montpellier Béatrice Gille".

Dans ce dossier, la surprise a été crée par Louis Aliot, vice-président du Rassemblement National (RN). Dans une lettre adressée le 3 octobre à J.M. Blanquer, cet autre postulant aux municipales perpignanaises croit savoir que « la pratique du catalan est en constante augmentation » et affirme qu’il peut être un « atout important pour travailler et commercer avec nos voisins de l’autre côté de la frontière ». Le député souligne une « vraie demande locale de la part des parents d’élèves pour que leurs enfants reçoivent un enseignement de catalan ».