SOCIÉTÉ

Un général Franco travesti au carnaval de Barcelone

Une critique à peine voilée de la montée de l’extrême droite espagnole

Affiche du carnaval du quartier de Nou Barris, Barcelone, 2019
Affiche du carnaval du quartier de Nou Barris, Barcelone, 2019

Les festivités du quartier de Nou Barris de Barcelone moquent le dictateur Franco, mort en 1975. Cet acte humoristique intervient alors que le désir catalan d’indépendance fait monter l’extrême droite nostalgique du régime totalitaire espagnol.

Le dictateur espagnol Francisco Franco orne l’affiche officielle du carnaval de l’arrondissement barcelonais de Nou Barris, dévoilée cette semaine. « Je n’étais pas mort, je faisais la teuf », détaille en catalan une phrase qui accompagne ce portrait. On peut y voir le militaire, maquillé et doté d’une chevelure composée de plumes roses, à la façon d’un homosexuel de cabaret, tendance folklorique. Cette affiche, conçue et diffusée par le centre culturel Ateneu Popular Nou Barris, reçoit le soutient de la maire de Barcelone, Ada Colau, sous forme de retweet.


L'extrême droite revient avec le sourire

En plein jugement, à Madrid, des dirigeants politiques indépendantistes catalans, cette moquerie rappelle que le désir souverainiste provoque la montée de l’extrême droite. Celle-ci, incarnée par le parti Vox, provoque une surenchère de déclarations et d’intentions anti-catalanes au sein de la nouvelle triple droite. A Vox s’ajoutent le Partido Popular et Ciudadanos, trois partis qui devraient nouer une alliance à l’issue des élections espagnoles du 28 avril.