ECONOMIE

1er TGV privé Perpignan-Barcelone dès le 5 octobre

La compagnie ferroviaire Ilsa promet des trajets moins chers

© Clisko
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La concurrence ferroviaire arrive sur l'axe Madrid-Montpellier, via Barcelone et Perpignan. A compter du 5 octobre, la société Ilsa, filiale du transporteur aérien valencien Air Nostrum, assurera une prestation moins chère et plus rapide.
Dès le 5 octobre et pour la première fois, un train à grande vitesse affrété par une entreprise privée circulera dans les Pyrénées-Orientales. Indirectement, la Commission espagnole Nationale des Marchés et de la Concurrence a en effet validé ce principe, le 17 septembre. Il en découlera la mise en service de convois entre Madrid et Montpellier, soit 968,7 km couverts en 5h47, avec des arrêts à Saragosse, Barcelone, Figueres, Perpignan et Narbonne. Cette prestation imaginée depuis l'Espagne sera assurée par la société Air Nostrum, compagnie aérienne basée à València, dotée d'une branche ferroviaire baptisée « Ilsa ». Ce nouveau produit de transport, moins cher et 10 % plus rapide que l'actuelle offre publique, contient un mensonge commercial, car la Ligne à Grande Vitesse Perpignan-Montpellier n'existe pas.

Encore plus de TGV Perpignan-Barcelone

Cette concurrence directe exercée envers la SNCF et son homologue espagnole, la RENFE, devrait être particulièrement rentable sur le tronçon Barcelone-Madrid, où une offre de TGV low cost opérée par la même RENFE est par ailleurs attendue pour février 2019. Ce tronçon connaîtra ainsi un trafic en croissance de 50 %, tandis que 30% du trafic attendu sur l'ensemble de la ligne Madrid-Montpellier devrait être international, par le tunnel du Perthus. L'offre entre Perpignan et Barcelone sera donc multipliée par trois avec Ilsa, ce qui pourrait resserrer les liens entre les territoires. En matière technique seront employés des trains S-100, du fabricant Alstom, loués à la RENFE.

Ces avancées s'inscrivent dans la perspective de la libéralisation du marché ferroviaire espagnol, mais aussi français, à accomplir d'ici 2020, selon le calendrier fixé par l'Union européenne. Cette évolution faisait déjà l'objet d'une pré-sélection de 8 concurrents à la RENFE, en 2014, mais les délais de mise en pratique ont été plusieurs repoussés.