POLITIQUE

Mea culpa d'Alduy sur Perpignan-Saint-Jacques

L'ancien maire reconnaît ne pas avoir suffisamment compris le quartier

Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan de 1993 à 2009 © La Clau
Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan de 1993 à 2009 © La Clau
10 ans après son retrait du fauteuil de maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy exprime ses doutes sur sa propre politique à l'égard du quartier Saint-Jacques, tout en critiquant la mairie actuelle, dirigée par son successeur Jean-Marc Pujol.
Dans un entretien accordé dimanche 16 septembre au quotidien L'Indépendant, Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan de 1993 à 2009, donne son avis sur l'affaire des démolitions controversées dans le quartier Saint-Jacques. L'ancien élu déclare tout de go « La municipalité n’a rien compris », eu égard aux stratégies du maire, Jean-Marc Pujol, qu'il a lui-même désigné en successeur en 2009. Jean-Paul Alduy, urbaniste diplômé de l'Ecole polytechnique, présente une légitimité certaine à l'évocation des réaménagements en cours dans le quartier à dominante gitane de la capitale du Pays Catalan. Il estime que l'Hôtel de Ville « a complètement nié (...) la culture et l’identité gitane et le dialogue avec cette communauté. On ne peut pas imposer à cette société gitane des projets vus d’en haut si on n’a pas fait un énorme travail en amont ». Sociologie des espaces urbains, avenir des cultures orales et "repli communautaire" fustigé par le républicanisme le plus radical sont les sciences et les concepts qui entrent en jeu dans le débat.

Quand l'Égalité ne fonctionne pas

A 76 ans, l'ancien sénateur affirme faire sa propre « autocritique » à propos du quartier, en avouant « j’ai mal compris les gitans et les marocains » car il s'est davantage consacré à  la mise en oeuvre de l'Agglomération Perpignan Méditerranée. Le mea culpa de l'urbaniste formé dans le Nord repose davantage sur les schémas centralisés de sa propre formation que son propre esprit. La Catalogne du Sud, si prisée par Jean-Paul Alduy, applique des solutions à la carte, grâces auxquelles les quartiers que l'on nommerait « gitans », à Figueres ou Barcelone, font l'objet de politiques à la carte. A Perpignan, les stratégies millionnaires échouent, car invariablement issues de bureaux parisiens fournissant aux élus d'inopérantes solutions standard, au nom de l'égalité.