SOCIÉTÉ

Jusqu'à 55% de pauvreté à Perpignan, comme en Polynésie

Le dossier « Les quartiers prioritaires des Pyrénées-Orientales » de l'Insee contient des chiffres édifiants

Secteur « Centre ancien » de Perpignan, septembre 2018 © La Clau
Secteur « Centre ancien » de Perpignan, septembre 2018 © La Clau
Un dossier de l'Insee, discrètement publié en juillet, révèle que Perpignan comprend plusieurs quartiers prioritaires où la pauvreté égale ou dépasse 55%. Cette contre-performance record concerne notamment le Champ de Mars et la Cité Saint-Mathieu.
Alors que l'Insee Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) compte 8,8 millions de pauvres en France, soit 14% de la population, selon les chiffres de 2016 révélés le 11 septembre, les chiffres de 2013 en Pays Catalan sont bien plus préoccupants. Le dossier intitulé « Les quartiers prioritaires des Pyrénées-Orientales », discrètement publié le 11 juillet dernier, aborde l'unité urbaine de Perpignan. L'Etat y a identifié neuf quartiers prioritaires (QP) de la politique de la ville, où résident 32 390 personnes, pour un total municipal de 118 000 habitants. Les mieux dotés sont les quartiers Gare, Bas-Vernet Nouveau QPV et Saint-Assiscle, tandis que les quartiers Nouveau Logis et Centre Ancien présentent une situation intermédiaire.

Cité Saint-Mathieu, champ de Mars, Haut-Vernet : quartiers difficiles

Au plus bas de l'échelle socio-économique perpignanaise, d'après les critères de l'Insee, figurent le « Bas-Vernet Ancien Zus », le quartier Rois de Majorque (qui comprend la cité HLM Saint-Mathieu), le Champ de Mars et la « diagonale du Haut-Moyen-Vernet ». Dans ces quatre secteurs, où le chômage et les marginalités sont les plus forts de la capitale du Roussillon, le taux de pauvreté « dépasse 55 % », souligne l'Insee. Cette forte proportion correspond exactement aux pourcentages visant les îles de Tahiti et Mo'orea, communiqués en 2017 par l’Institut de la statistique de Polynésie française. Elle fait écho à nos observations alarmantes de 2015, selon lesquelles le quartier Saint-Jacques abritait une population disposant de revenus annuels « inférieurs à ceux du Congo ».