SOCIÉTÉ

Les expulsions de migrants explosent en Pays Catalan

Le dernier rapport de la Cimade révèle des chiffres surprenants

Locaux de la Cimade, quartier Saint-Matthieu, Perpignan © Cimade66
Locaux de la Cimade, quartier Saint-Matthieu, Perpignan © Cimade66
Sur la base du nombre de refoulés par la police aux frontières, la politique migratoire est dénoncée par le Cimade. Cette ONG observe 4411 rejets en 2017, contre seulement 26 en 2015, et estime que l'Etat profite du climat post-attentats.
Le nombre de migrants refoulés aux limites frontalières de la France a bondi depuis 2015, selon le Comité inter-mouvements auprès des évacués (Cimade). En toute discrétion, cette association solidaire des migrants, réfugiés et demandeurs d'asile, publie et commente les chiffres officiels. Ces statistiques issues des services de la Police aux frontières (PAF) révèlent 85.408 rejets, soit 34% de plus qu'en 2016. Mais on relève pour les Pyrénées-Orientales à peine 26 individus refusés en 2015, contre 4411 en 2017. Ce bond impressionnant illustre le retour des contrôles aux frontières internes européennes, notamment dans la zone du Boulou, après les attentats terroristes franciliens.

D'illégaux contrôles au faciès au Boulou

Dans son dernier rapport, la Cimade dénonce une « Europe qui s'enferme » et estime que le rétablissement des filtrages frontaliers a « principalement permis une augmentation de pratiques existantes liées aux contrôles migratoires bien plus que l'identification ou l'interdiction d'entrée de personnes suspectées de terrorisme ». L'ONG juge que les stratégies engagées par les autorités « impliquent plus de risques de contrôles au faciès, pourtant interdits ». En termes généraux, par ordre d'importance, les individus principalement visés par les rejets de 2017 étaient soudanais, guinéens, marocains et ivoiriens.