CULTURE

Le Pays Catalan, terre des faussaires en art ?

Après des faux Terrus à Elne, des doutes sur le musée Rigaud de Perpignan

Musée Rigaud, Perpignan © Musée Rigaud
Musée Rigaud, Perpignan © Musée Rigaud
Le musée Terrus d'Elne et le musée Rigaud de Perpignan illustrent les incertitudes sur l'authenticité des oeuvres d'art exposées dans certains lieux des Pyrénées-Orientales. Un marché de l'art non authentique semble s'être développé dans le territoire.
Après l'affaire des faux tableaux du musée Terrus d'Elne, au retentissement mondial, un autre site culturel du Pays Catalan avoue par défaut la présence de contrefaçons parmi ses collections. En effet, le musée Rigaud de Perpignan;, ré-inauguré en 2017 suite à une refonte intégrale engagée par la mairie, a retiré des oeuvres. Il s'agit de deux tableaux du peintre français Augustin Hanicotte, peintre du Nord de la France disparu en 1957, dont le séjour à Collioure a modelé le courant fauviste. Présumées fausses, ces deux créations ont disparu du site Internet du musée. Ce lieu de prestige reste discret sur ce choix effectué en douce, suite aux révélations entourant le peintre Etienne Terrus.

Terrus, Hanicotte, et puis ?

En attendant une expertise exhaustive de l'intégralité de collections du musée Rigaud, celui-ci inaugure le 19 mai une rétrospective d'oeuvres intitulée « Côte vermeille », incluant plusieurs oeuvres d'Hanicotte. Selon l'historien de l'art et commissaire d'expositions Eric Forcada, deux prétendus tableaux d'Hanicotte, prêtés au musée Rigaud par un collectionneur privé, ne sont pas authentiques : « Il y a une lourdeur qui ne fait pas partie du style, de la technique d'Augustin Hanicotte ». Mais au delà, sur les Pyrénées-Orientales pèse désormais un large soupçon concernant l'existence d'un réseau de faussaires d'art, relayés par des revendeurs indélicats, au sein d'un territoire qui détient à lui seul un large spectre de peintre, indépendant de toute école formalisée. L'offre et la demande produisent un équilibre artificiel, sur lequel interviennent des individus à identifier, qui manipulent les signatures, certainement celles des peintres Martin Vivès et Louis Bausil. Peut-être aussi celles de Louis Delfau, André Fons-Godail, Camille Descossy et Marcel Delaris.
Augustin Hanicotte, Les voiles blanches, Cotlliure, 1930 / DR