SOCIÉTÉ

Inquiétudes sur l'enseignement laïque de l'arabe à Perpignan

Le syndicat enseignant FSU s'inquiète de la laïcité des arabisants

© Michael Jessies
© Michael Jessies
Le syndicat enseignant FSU juge « désastreuse » la situation de l'enseignement de l'arabe à Perpignan : la grande mosquée reçoit 200 élèves par semaine et l'Education nationale renonce à accompagner une demande croissante de langue arabe.
L'enseignement de la langue arabe à Perpignan inquiète la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), qui s'exprime par un communiqué du 3 avril. La première centrale des fonctionnaires d'Etat lance « Non à la fermeture du poste d’Arabe au Lycée Arago » de Perpignan, suite à une décision du Rectorat de l’Académie de Montpellier. Depuis septembre 2017, cette instance a prévu l'enseignement de l'arabe pour une soixantaine d’élèves de seconde, soit deux groupes. Mais en septembre 2018, la moitié d'entre eux devra renoncer à cette langue car un seul groupe sera maintenu en classe de première. Le co-secrétaire de la FSU dans les Pyrénées-Orientales, Gérard Gironell, observe une demande de langue arabe « en constante augmentation de la part des familles ». Il estime que l'« abandon de l’enseignement de l’arabe par l’école publique laïque » risque de faire grossir l'activité associative dédiée, alors même que la grande mosquée de Perpignan accueille « près de 200 élèves par semaine ». Le syndicaliste considère la situation « désastreuse », car l'apprentissage de l'arabe hors Education nationale « l'enferme dans une logique identitaire et communautaire ».

Un risque d'islamisme ?

Actuellement, à l'échelle de la France entière, 10 000 enfants apprennent l'arabe à l'école, tandis que les établissements scolaires d'obédience musulmane en scolarisent 50 000. Dans le cadre de l'enseignement public en Pays Catalan, la langue arabe n’est enseignée qu’au lycée François Arago, par un seul professeur. La FSU juge que l'Education nationale doit mieux honorer sa « mission intégratrice alors que la montée de l’islamisme pèse sur le lien social et menace la cohésion sociale dans notre département et dans notre pays ».