POLITIQUE

Le Président catalan Carles Puigdemont annonce un «nouveau pays»

Le successeur d'Artur Mas conduira les stratégies vers l'indépendance

Carles Puigdemont, nouveau président de la Generalitat de Catalogne © CiU
Carles Puigdemont, nouveau président de la Generalitat de Catalogne © CiU
Le nouveau président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, s'est prêté ce dimanche au débat d'investiture au Parlement catalan : un discours de «pré-indépendance» ambitieux, à la fois économique et social, selon un nouveau style.
Les événements politiques de Barcelone ont donné lieu ce dimanche au débat d'investiture du nouveau Président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont. Le maire de Girona, âgé de 53 ans, a été choisi samedi 9 janvier par le Président Artur Mas pour débloquer une situation qui paraissait inextricable. C. Puigdemont, président de l'Association des Villes pour l'Indépendance dont fait partie la sienne, Girona, a abordé son discours en insistant sur la protection sociale nécessaire aux Sud-catalans. Il a soutenu le projet d'Etat catalan associé à cette exigence. Le nouveau leader a défendu le soutien au milieu associatif consacré aux solidarités, au handicap et aux réfugiés. Son intervention a contenu les éléments moteurs d'une prise d'indépendance, préfigurée le 9 novembre par une résolution visant à «créer un Etat catalan sous forme de république». Ce texte a été réprouvé par la Cour constitutionnelle espagnole.

Un «nouveau pays» pour les entrepreneurs

Centriste lié au centre-gauche, Carles Puigdemont a déroulé une stratégie économique fondée sur les PME et les auto-entrepreneurs, qui pourront, selon son affirmation, s'épanouir dans un «nouveau pays. Précis et ordonné, il a révélé sa formation de journaliste par une clarté rare. Il a mis l'accent sur la «puissance internationale» de la Catalogne liée à la recherche et aux clusters d'entreprises. Très technicien, Carles Puigdemont a souligné l'importance des modèles touristiques et les marchés émetteurs.

«Banque publique et douanes de Catalogne»,

Dans un ton proche de ses auditeurs, le nouveau président a annoncé la constitution de quelques-uns des outils de l'indépendance de la Catalogne : une «banque publique de Catalogne», un «conseil fiscal de Catalogne», une «douane de Catalogne» ou encore une «agence de la propriété immobilière de Catalogne». La «démocratie électronique» et l'«administration moderne» ont jalonné ce discours dans lequel ont également pris part la modernisation des dispositifs de sécurité, le terrorisme international et les centres pénitentiaires.

La vice-présidence revient à la gauche

Selon les prévisions, la nouvelle gouvernance de la Catalogne comportera un seul vice-président, en la personne d'Oriol Junqueras, président de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC). Le tandem au pouvoir représentera ainsi la gauche, le centre-gauche, le centre et le centre droit, sur un socle indéfectiblement concerné par le souverainisme.
Oriol Junqueras, president d'Esquerra Republicana de Catalunya © ACN