POLITIQUE

Presbytère de la cathédrale de Perpignan: la polémique gronde

La mairie souhaite détruire cet élément patrimonial du début du XXe siècle

Le projet envisagé par la mairie de Perpignan © Mairie de Perpignan
Le projet envisagé par la mairie de Perpignan © Mairie de Perpignan
La mairie de Perpignan souhaite démolir le presbytère attenant à la cathédrale Saint-Jean, afin de bâtir un nouveau projet. Deux candidats aux municipales de 2014, Philippe Simon et Clotilde Ripoull, ainsi que le Front National, s'opposent à cette intention.
Le projet de démolition du presbytère de la cathédrale Saint-Jean de Perpignan, envisagé depuis plusieurs mois par la mairie, se précise. L'accès aux abords de ce bâtiment du début du XXe siècle, oeuvre de l'architecte Léon Bénouville, est désormais restreint par une palissade. La municipalité souhaite signaler la dangerosité des lieux, qui seront transformés en un nouveau bâtiment couvert de verre, pour un budget de 3,5 millions d'euros. Les réprimandes politiques interviennent dans ce dossier, à l'image de Philippe Simon, responsable de la section de Perpignan de Convergence Démocratique de Catalogne (CDC). Le candidat aux municipales de 2014, chef de file des «Jeunes engagés», estime que la Ville de Perpignan «déjà trop endettée, manque de parkings, de parcs urbains et d’un vrai marché couvert». Il s'oppose au «sacrifice» de l'édifice paroissial, qui témoigne du «style 1900 de l’art régionaliste catalan» et révèle «l’évolution positive de la ville». Le «caprice politique» et la «construction d’ego» avancés par P. Simon visent directement le maire, Jean-Marc Pujol.  En mai dernier, la mairie de Perpignan inaugurait le label « Patrimoine du XXe siècle », attribué par le ministère de la Culture. Mais l'élimination annoncée semble contredire cette démarche.

Perpignan Equilibre dénonce un projet «hors-la-loi»

Très en verve, Clotilde Ripoull, également tête de liste en 2014 sous la bannière «Perpignan Equilibre», juge que les Perpignanais «ont parfois l’impression de vivre dans une zone de non droit». Elle dénonce un projet «hors-la-loi», saisit la préfecture des Pyrénées-Orientales et les Bâtiments de France. Pièces à l'appui, elle certifie que le plan du secteur sauvegardé est «précis» sur la situation du bâtiment, classé en zone 5bis et ne pouvant «être démoli».

Le FN n'est pas totalement contre

Le Front National, qui compose l'intégralité de l'opposition municipale, s'oppose également au projet, mais «dans la forme». Le conseiller municipal et nouveau conseiller régional Xavier Baudry estime que le design du futur bâtiment «dénote particulièrement avec l'ensemble roman de la cathédrale et l'architecture globale du quartier». Il remarque une similitude avec le conservatoire de «l'avenue Foch» (sic - il s'agit d'une rue, l'avenue Foch étant notamment à Paris - ndlr) et le «Centre Del Món», qui entoure la gare TGV. Selon le FN, le «coût exorbitant» justifie que le maire Jean-Marc Pujol rectifie le projet.

De son côté, la mairie de Perpignan aborde le sujet par vidéo, en développant un argumentaire sur les risques actuels, et les contours du projet.
 
Démolition du presbytère

Démolition du presbytère les précisions des élus concernés .


Posté par Ville de Perpignan sur mercredi 16 décembre 2015
Rectoria de la catedral Sant Joan de Perpinyà © Perpinyà Equilibri