SOCIÉTÉ

L'espagne tolère 15 messes pour les 40 ans de la mort de Franco

La Fondation Francisco Franco est subventionnée par l'Etat espagnol

Le dictateur espagnol Francisco Franco (1892-1975) © ANE
Le dictateur espagnol Francisco Franco (1892-1975) © ANE
Ce vendredi 20 novembre, les 40 ans de la mort du général Franco seront célébrés dans plusieurs lieux du territoire espagnol, dont une chapelle à Figueres. L'évocation de la figure du dictateur n'est pas interdite par la loi espagnole.
L'anniversaire de la mort du général Franco, le 20 novembre 1975, sera célébré par certains milieux nationalistes espagnols, ce vendredi. Des cérémonies sont prévues en territoire espagnol à l'occasion du quarantième anniversaire de l'auteur du coup d'Etat de 1936, donnant lieu à la guerre civile espagnole. La Fondation Nationale Francisco Franco (FNFF), qui a pignon sur rue, perpétue la mémoire du déclencheur de l'une des périodes les plus sombres de l'Europe du XXe siècle. Elle lui consacre des messes ce vendredi 20 novembre 2015 dans 15 lieux de culte catholique, dont la chapelle de la rue Vilallonga de Figueres et celle du Santissime d'Alicante. En 2009, la mairie de Figueres a cependant retiré le titre de maire honorifique que son conseil municipal avait octroyé au dictateur lors de la guerre d'Espagne.

Franco, subventionné par Mariano Rajoy

La représentation du général Franco, auteur du régime totalitaire espagnol en vigueur de 1939 à 1975, n'est pas interdite par la loi espagnole. Au contraire, le gouvernement espagnol subventionne la FNFF, sous couvert de recherches générales sur le franquisme, à vocation scientifique. Cette fondation d'extrême droite, présidée par María del Carmen Franco y Polo, fille du dictateur, souhaite pourtant favoriser la «connaissance sur la figure de Francisco Franco dans toutes ses dimensions, ainsi que sur les réussites de son régime». Elle suggère un repas intitulé «40 ans après, Franco vit», le 3 décembre dans un hôtel de Madrid. L'un de ses animateurs, Francisco Torres García, signe ce mois-ci un article intitulé «Franco superstar». Malgré le passage du temps et l'avènement de la démocratie espagnole, de nombreux vestiges franquistes persistent, notamment des signes distinctifs et des monuments. A Madrid, l'Hôpital du généralissime Franco n'a fermé ses portes qu'en 2001.