SOCIÉTÉ

Guerre des polices à Barcelone sur la lutte contre le djihadisme

Véhicule de la police catalane, les Mossos d'esquadra © Mossos d'esquadra
Véhicule de la police catalane, les Mossos d'esquadra © Mossos d'esquadra
Alors que la police catalane surveillait un groupe djihadiste en partance pour la Syrie, la police espagnole aurait informé le même groupe des actions du corps d'agents catalans. Un malaise politique éclate en Catalogne, sur fond de compétence anti-terroriste des polices.
Un sabotage présumé entre corps de police a été révélé ce jeudi 14 mai à Barcelone. En effet, en novembre dernier, deux agents de la police espagnole auraient alerté un groupe djihadiste que la police catalane, les Mossos d'esquadra, enquêtait sur ses intentions. Cette fuite de renseignements auprès des islamistes aurait été effectuée par plusieurs agents du corps espagnol, selon une information du gouvernement catalan. Elle aurait permis la fuite de trois militants islamistes résidant en Catalogne, vers la Syrie, interceptés en Bulgarie par les Mossos, en avril. Pour obtenir des informations de première main, un agent catalan était infiltré auprès de la cellule terroriste, comme le ferait un fonctionnaire de police d'Etat.

Concurrence des polices

Pour Domènec Espadaler, ministre-conseiller de l'Intérieur de Catalogne, ce scénario constitue un « fait extrêmement grave » et l'interrogation essentielle est de déterminer si la police espagnole a agi seule ou selon des instructions du gouvernement central. De son côté, le ministre espagnol de l'Intérieur, Jorge Fernández Díaz, défie le gouvernement catalan en affirmant que la lutte contre le terrorisme « ne peut pas être laissée entre ceux qui n'ont un sens minimal de l'Etat ».