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Une espèce de tortue autochtone, en voie de disparition, a été découverte ces dernières semaines dans le fleuve de la Têt, long de 120 km. Cet animal à carapace a été identifié dans le cadre d’un partenariat scientifique mis en place entre le Centre de Formation et de Recherche sur les Environnements Méditerranéens (CEFREM) de l’Université de Perpignan, et la société Veolia Eau, lancé en avril dernier. Les chercheurs du campus du Roussillon ont découvert dans les eaux la présence d’un reptile, l’émyde lépreuse, déjà repérée sur le territoire, tout comme dans la partie Sud du massif des Albères, en Espagne, au Portugal, et dans les pays du Maghreb. Cette mauremys leprosa, en version latine, comporte des couleurs verdâtres, jaunâtres et orangées, et peut atteindre jusqu’à 1 kg. Principalement carnivore, mais omnivore par défaut, elle semble avoir trouvé dans les zones d’eaux stagnantes de la Têt une alimentation convenable en insectes, en poissons, en amphibiens et en plantes aquatiques.

Le contrat signé entre le CEFREM et Veolia vise à produire une étude pluridisciplinaire consacrée à l’analyse, notamment en aval de la station d’épuration de Perpignan, de certains contaminants chimiques et de la biodiversité sur la Têt, principal fleuve du Pays Catalan. La découverte de la tortue rare, dont 12 exemplaires ont été répertoriés sur la partie basse du fleuve, entre les communes de Bompas et Villelongue-de-la-Salanque, est le premier résultat, inattendu, obtenu par ce travail. Cette tortuga de rierol est considérée en danger de disparition sur la Liste Rouge nationale de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Relativement banale en Catalogne du Sud, elle était jusque-là exclusivement identifiée, dans les Pyrénées-Orientales, dans la vallée de la Baillaury de Banyuls-sur-mer, ainsi que dans le fleuve du Tech et dans la partie basse du fleuve Agly. Au-delà, cette découverte fournit un indicateur biologique de l’état de santé des eaux de la Têt.

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