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Alors que la crise s’est aggravée, ce mardi au Japon, après une nouvelle explosion et un incendie à la centrale de Fukushima 1, les réactions civiles et politiques se multiplient, de Barcelone à Paris. Les conséquences d’un nouveau séisme, de magnitude 6, ressenti au sud-ouest de Tokyo, et le désastre humanitaire manifesté par le déplacement de populations menacées par les particules nucléaires jusque dans la capitale du pays, renvoie l’Europe à la gestion de sa propre énergie nucléaire. Si le Pays Catalan n’est pas directement concerné, Perpignan est cependant située à 225 km de la centrale nucléaire de Golfech, implantée dans le département du Tarn-et-Garonne, à égale distance de la centrale du Tricastin, située dans le département du Vaucluse. Il s’agit du deuxième site nucléaire le plus étendu de France.

Situés à 250 km de la capitale du Roussillon, les réacteurs d’Ascó et de Vandellós, au Sud de la province de Tarragona, font également partie d’un environnement nucléaire, dont l’existence se trouve contestée, à la faveur de l’actualité. La mémoire collective de la région n’a pas oublié l’incendie d’un réacteur de la centrale Vandellòs I, en 1989, préalablement au démantèlement de cette unité de production, remplacée par Vandellós II, centrale elle-même en proie à un incendie partiel, en août 2008, sans conséquences. Quelque mois auparavant, en avril 2008, une fuite de particules radioactives s’est produite à Ascó, mais n’a été révélée qu’ultérieurement.

La Catalogne du Sud, qui dispose des ressources de production nucléaires les plus importantes d’Espagne, a vu sa politique énergétique vertement critiquée, ce mardi, par le parti Iniciative pour la Catalogne-Les Verts (ICV). Son secrétaire général Joan Herrera, a fermement souhaité sur le gouvernement catalan demande à l’Etat espagnol une série de protocoles « plus exigeants » en matière de sécurité nucléaire. Le parti majoritaire, Convergència i Unió (CiU), s’est montré favorable à un débat sur les stratégies énergétiques, « sans dogmes ni préjugés », selon son porte-parole, Oriol Pujol, tandis que la France contrastait ses avis. Le gouvernement a exprimé ses craintes envers un « scénario du pire », dans la mesure où l’enceinte de confinement du réacteur numéro 2 de la centrale de Fukushima n’est plus étanche. L’idée d’un audit sur le nucléaire français semble désormais acquise, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé, ce lundi, que les sept centrales nucléaires entrées en service avant 1980 dans son pays vont être provisoirement arrêtées.

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