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Les forêts de la région du Vallespir, en partie mises en mal par la tempête Klaus de janvier 2009, constituent une réserve énergétique mise à profit par l’industrie. Cet automne vont s’engager d’importants travaux au sein de l’usine de fabrication de papiers ArjoWiggins, située à Amélie-les-Bains, dans le but d’un basculement vers le bois-énergie. Un nouveau dispositif permettra dès février 2013 d’utiliser la vapeur produite par la biomasse issue de la combustion annuelle de 35.000 tonnes de plaquettes forestières et de palettes broyées. Ce projet écologique a été confié le 27 juillet à la société Cofely, filiale de Suez, chargée de concevoir, mettre en place, financer et exploiter cette unité de production pendant 15 ans. Encadré par l’État, il fait partie d’un appel à projets intitulé « Biomasse Chaleur Industrie et Agriculture », encadré par l’Agence de Développement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). ArjoWiggins disposera ainsi de deux chaudières à biomasse, d’un coût de 7,8 millions d’euros et d’une puissance totale de 17 MW, qui couvriront 95% des besoins énergétiques de son site catalan.

En matière d’écologie, ce projet représentera une soustraction de 17.000 tonnes de CO2 rejetées chaque année dans l’atmosphère. On peut ainsi espérer moins de pollution, et plus d’emplois, car Cofely s’engage à solliciter exclusivement le bois de la haute vallée du Tech. La filière bois-énergie, qui tarde à faire surface économiquement en Pays Catalan, devrait recevoir un appel d’air, garanti par des contrats de long terme inclus dans le « deal ». Selon une première évaluation, le concessionnaire espère avoir obtenu un chiffre d’affaires total de 60 millions d’euros en 2028.

Avec ses allures futuristes, profondément ancrée dans la réalité territoriale, cette mise en place revêt une valeur historique certaine. En effet, l’usine ArjoWiggins située dans l’ancienne commune de Palalda, rattachée à Amélie-les-bains lors de la dernière guerre, fête cette année son 100ème anniversaire. Stratégiquement implanté à proximité du fleuve du Tech, ce vestige important de l’industrie de la région du Vallespir, autrefois puissante, fournit aux hôpitaux et fabricants de dispositifs médicaux des papiers destinés à être stérilisés, notamment utilisés pour envelopper les seringues. En 2010, ce site, parmi les 27 que possède la multinationale européenne dans le monde, a produit 32.000 tonnes de papier, exportées dans 65 pays, pour un chiffre d’affaire de 66 millions d’euros.

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