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L’incendie de l’Empordà fait exploser 4 bombes, tue 4 Français et ravage 14.000 ha
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31 heures après son déclenchement au Perthus par un mégot coupable, l’incendie de la région de l’Empordà était contenu dans sa partie orientale, lundi 23 juillet à 18h00. Le secteur des communes de La Jonquera, Cantallops, Sant Climent Sescebes et Capmany, à l’Est, était maîtrisé en bonne partie par 1300 pompiers, dont 300 venus des Pyrénées-Orientales. Ce sinistre, qui progressait à l’Ouest et au Sud, dégageait une épaisse fumée visible depuis Perpignan et humée jusqu’à Barcelone et les îles baléares, selon plusieurs témoins. Les périmètres communaux de Darnius, Agullana, Llers, Terrades et Avinyonet de Puigventós, ce dernier situé au Sud de Figueres, étaient encore affectés par les flammes. La commune de La Vajol, limitrophe du hameau nord-catalan de Las Illas, subissait également le terrible assaut. L’évolution de ce sinistre restait incertaine, selon le gouvernement catalan, qui espérait le maîtriser dans la nuit à la faveur des vents de marinade, Xalot et Migjorn, de tendance Sud/Sud-Est, succédant à la tramontane. Un bilan faisait état de 13.824 hectares détruits, dans un périmètre de 70 km.

Autoroute coupée et explosion de bombes

Ce feu historique a provoqué une situation insaisissable sur l’axe autoroutier A9-AP7, fermé le dimanche 22 juillet, rouvert dans la matinée, refermé en début d’après-midi puis rouvert à 16:00, selon les indications coordonnées de la préfecture des Pyrénées-Orientales et du Service Catalane de la Circulation. Parmi les effets directs de cet incendie, le village de Darnius, à l’Ouest de La Jonquera, a été surpris par l’explosion, sans gravité, de quatre bombes datant de la Guerre d’Espagne, terminée en 1939. Ce vestige, resté intact depuis lors, a pu traverser plusieurs décennies et incendies, dont le plus important s’est produit en 1986.

Un décès supplémentaire

Un décès, ajouté à trois autres, provoqués le 22 juillet par les incendies de La Jonquera et Porbou, s’est produit ce 23 juillet. Il concerne un homme de 64 ans, de nationalité française, brûlé à 80 % dans son véhicule, alors qu’il circulait aux abords de la commune d’Agullana. Par ailleurs, 1000 abonnés restaient sans couverture de téléphone portable et 7 routes étaient coupées dans la région de l’Alt Empordà, par mesure de protection des habitants et pour faciliter le passage des soldats du feu.

Twitter et promesse de sanctions

Cet épisode a suscité des solidarités spontanées, relayées par les réseaux sociaux. 12 comptes Twitter ont ainsi été sollicités par les autorités, parmi lesquelles la Direction Générale de la Protection Civile de Catalogne, le ministère-département de l’Intérieur catalan ou encore l’association des agents ruraux et le Service Météorologique de Catalogne. Enfin, à 18h10, le gouvernement de la Communauté Autonome de Valence communiquait l’envoi immédiat de quatre avions Air Tractor sur les lieux du sinistre. Quelques instants auparavant, le ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz, rentré précipitamment d’un conseil des ministres européens informel, tenu à Chypre, promettait un durcissement de la loi relative aux comportements occasionnant des dommages à l’environnement.