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Vendredi 19 juin, 33 wagons frigorifiques du train des primeurs Perpignan-Rungis, inactif depuis le 17 juillet 2019, devaient être détruits. Il n’en est finalement rien. Cette information était avancée par Thomas Porte, dirigeant du Parti Communiste Français et syndicaliste à la SNCF. Ce militant accusait Jean-Baptiste Djebbari, Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, chargé des Transports, de n’avoir pas tenu la promesse d’une remise en service du train le 1er novembre 2019. Il était alors question d’un partenariat avec la région “Occitanie”. Mais l’avenir du Perpignan-Rungis semble possible, car le gouvernement semble reculer sur ses intentions. Lundi 21 juin, le ministre a indiqué au que les wagons n’ont pas été détruits mais « sont garés » (probablement restés au centre spécialisé de Nîmes) avant de préciser que le train était « reconstruit et prêt à repartir en décembre ». Ces affirmations ont été prononcées suite à une question posée sur la chaîne LCP par la députée Mathilde Panot, membre de la France Insoumise, inquiète de la sauvegarde de la ligne, qui transporte chaque année 400 000 tonnes de fruits et légumes. Parmi ses engagements, J.B. Djebbari proposait, également sur LCP, une solution de transport combiné (conteneurs-wagons), exigeant la refonte des quais de Rungis. Mais le 31 octobre 2019, le même ministre assurait« dès le mois de décembre et de façon pérenne, une offre de transport combinée, affrétée par l’entreprise Novatrans, pourra faire circuler les premiers trains ». Il n’en a rien été.

Une relance en dépit du bon sens économique ?

Au delà des considérations et engagements politiques, le modèle économique du train Perpignan-Rungis est incertain. Ses principaux clients, les transporteurs Roca et Rey, échaudés par les grèves à la SNCF fin 2019-début 2020, puis par le Covid-19, se sont réorganisés en misant sur une bardée de camions. Ce mode de transport s’avère bien plus compétitif et bien moins écologique que le rail. De la sorte, la remise en lumière du Perpignan-Rungis répond davantage à l’inquiétude syndicale interne à la SNCF qu’à l’espoir d’acteurs économiques qui ont déjà fait une croix sur les convois, qui ont fonctionné pendant 40 ans.