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Né en pays catalan en 1972, réellement résidant du village de Fourques, dans la région catalane de l’Aspre, l’artiste porte un pseudo qui sent à plein nez la volonté d’utiliser le concept surréaliste de Dalí « Perpignan centre du monde ». 13 titres construits autour de la guitare sèche et de quelques effets électroniques pas vraiment maîtrisés. Rythmes reggae incertains, de ceux que l’on choisit en répétition pour faire un boeuf entre copains. La musicalité manque pour capter l’auditeur, les titres défilent sans déranger, sans convaincre. Les paroles, qui visent à mettre en avant un personnage dandy et sympathique, sont trop centrées sur des détails dérisoires et états d’âme égocentriques. Un brin rêveur (Dans la lune), un brin simpliste (La vie est belle), trois fois rien opportuniste (À bicyclette), ou finir en vélo pour préserver l’environnement sera bien fait pour nous. Il manque vraiment des titres forts et accrocheurs, et l’aspect décalé, qui aurait pu être pertinent, ne vient que par bribes. Il reste l’impression d’un emprunt, qui confère plus à la posture qu’à une réelle conviction. Comme si l’on passait à côté du sujet…

Sans « préférence nationale CSA », quelle place pour la scène francophone ?

En France, le contexte du business musical est particulier depuis que le CSA impose aux radios une proportion de 40 à 60% de chansons françaises, dont une part réservée aux jeunes talents. Un marché artificiel, juteux pour les éditeurs, met en avant une « nouvelle scène française » (Vincent Delerm, Benabar, Camille, Anaïs etc….) privilégiée aux Victoires de la Musique de mars 2007, au détriment de la musique rap ou du dernier album de Charlotte Gainsbourg produit par les groupes Air et Radiohead… Mais à présent que seuls les bobos achètent des CD tandis que les autres les gravent, les téléchargent ou les volent, chaque label se doit de posséder, dans son écurie, un nouvel artiste chaque année. Notre ami de Fourques évoque régulièrement dans son dossier de presse une amitié et quelques premières parties avec le célèbre Cali, cherchant une caution qui pourrait compenser certains manques. Mais, n’est pas Cali qui veut. Des ingrédients réunis et conceptualisés par des staffs (l’ancien manager de Cali, Sam Benzakin, est dans le coup) ne font pas une recette gagnante à coup sûr. La formule du chanteur poète maudit venu des latitudes catalanes à Paris peut-t-elle être digeste à chaque fois ? Non, la réussite passe encore par les années d’apprentissage sur scène, où l’apprenti vedette amène lentement à maturité une réflexion musicale, certes nourries par des références, mais où sa réelle singularité se peaufine par la confrontation au public. Le Comte propose, le public reste roi.

Références album : « Sans me forcer » – 2007 – Sony/V2

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