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Très remarqué par les internautes via Myspace, le groupe propose tout d’abord un maxi CD 4 titres, sur le label indépendant Les Disques Bon. Aujourd’hui collector, il contient quatre standards incontournables : La Vibe de Diam’s, Le Mia d’I AM , Pull Marine d’Isabelle Adjani et Cocaïne de JJ Cale / Eric Clapton. Les mélodies initiales ressortent, les textes prennent un autre sens. L’effet est étonnant. Les réactions ne sont font pas attendre, le discours fait mouche. En quelques jours, la blogosphère musicale ne parle que d’eux. Il est vrai que d’entendre la voix de Brassens chanter « laisse-moi kiffer la vibe avec mon mec » est parfaitement irrésistible. Georges, toute moustache dehors et tricot de papy bien sûr, le leader du groupe, précise « Il s’agit d’un projet discographique, uniquement. Vu l’âge des musiciens, pas question de partir en tournée ! De plus, en revenant à la vie, j’ai eu une vision d’horreur, celui d’un monde où toutes les rues, les écoles et les piscines porteraient mon nom, et je n’ai pas pu le supporter. Par contre, nous allons reprendre toutes les chansons existantes et je vais demander le retrait des autres disques dans tous les magasins ».

A-t-on le droit de se moquer des chanteurs morts ? La Pompe Moderne prouve que oui !

Au delà de l’aspect purement comique, proche du canular médiatique à la Romain Gary, le romancier qui avait inventé, en 1975, un alter ego du nom d’Emile Ajar le temps d’un prix Goncourt, on peut voir, toutes proportions gardées, à travers ce groupe gag, le désir d’envoyer paître les grandes icônes du passé, détentrices du bon goût officiel et universel et de s’emparer enfin d’un présent souvent dévalorisé. Le principe des reprises décalées n’est pas en soi une démarche nouvelle, le procédé a déjà été utilisé. On se souvient par exemple des trois compilations « Paris-Dernière » dans lesquelles Claude François ou Louis Amstrong devenaient lounge ou punk. Ici, la démarche est beaucoup plus corrosive, à tel point que sous la pression des ayant-droit et éditeurs de Georges Brassens, le vrai cette fois, le groupe The Brassens a décidé de changer de nom et se baptise « La Pompe Moderne », en références au jeu de guitare si caractéristique du Sétois, fumeur de pipe. Pas le droit de se servir du nom, en somme. Qu’en pensent les Dandy Warhol, Marilyn Manson et consorts ? Leur premier album, sous ce nouveau pseudo, sort incessamment sous peu, toujours chez le Label Les Disques Bon et sera distribué en CD dans tous les points de vente habituels. A suivre si vous voulez vous marrer en musique.

Références album : La Pompe Moderne – 2007 – Les Disques Bon.

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