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Le gigantesque incendie déclenché dimanche 22 juillet à La Jonquera, poussé par la tramontane à raison de 6 km/h pour des flammes d’une moyenne de 5 mètres, avait détruit 13.500 hectares de forêt, broussailles et garrigue, à 0h00. Dans une mobilisation exceptionnelle, le gouvernement catalan, la protection civile et les communes concernées ont lancé un dispositif de relogement d’urgence de plusieurs centaines de personnes. Celles-ci, résidant dans des secteurs menacés ou immobilisées sur les routes, ont notamment été accueillies dans les locaux de la Croix Rouge et dans le Lycée La Salle de Figueres, ainsi qu’à la halle des sports Fontajau de Girona, tandis que le ballet des canadairs, perceptible en Roussillon comme en Empordà, a cessé à la tombée du jour. Dès 20h, le département de l’Intérieur du gouvernement catalan a lancé un appel au volontariat et ordonné le confinement à domicile à l’ensemble des habitants de la région de l’Alt Empordà, de la Jonquera à Roses. Dans plusieurs communes, notamment à Llers et Capmany, le paysage apocalyptique lors du sinistre à cédé le pas à un panorama de désolation, dans une région peu encline à l’étalement urbain, c’est à dire relativement vulnérable, contrairement à la partie basse des Pyrénées-Orientales.

Le démarrage de l’incendie

Selon les pompiers des Pyrénées-Orientales, cet incendie est parti d’un parking du Perthus sous administration espagnole avant de remonter vers le fort de Bellegarde, en surplomb de la commune, puis de se propager vers l’Ouest, en enjambant la Nationale II. Les épaisses fumées, qui ont chassé la plupart des commerçants du Perthus, ont également provoqué des dizaines de kilomètres de ralentissements sur la Route Départementale 900 et la Nationale II, tout comme sur l’autoroute A9-AP7.

Conséquences dramatiques d’un autre incendie à Portbou

À ce premier incendie, qui a causé le décès par arrêt cardiaque d’un homme de nationalité française âgé de 75 ans et résidant à Llers, entouré par les flammes, s’est ajouté un autre évènement, signalé à 19h30 dans la commune de Portbou, à l’autre extrême du massif des Albères. Ce sinistre, soldé par la destruction de 150 hectares, était circonscrit à 23h00. Déclenché par un mégot de cigarette sur les hauteurs de la commune, à 300 mètres du périmètre municipal de Cerbère, il a semé la panique auprès d’une trentaine d’occupants de véhicules menacés, contraints de quitter leur habitacle pour fuir par la montagne. Parmi eux, une jeune fille de 15 ans et son père, âgé de 60 ans, tous deux de nationalité française, sautés en mer pour éviter les flammes, ont péri noyés. Par ailleurs, le premier feu a causé des brûlures à 80 % sur un homme de nationalité française, à Agullana, a l’Ouest de La Jonquera, tandis qu’une fillette de 8 ans, qui a survécu à un plongeon forcé à Portbou, souffre de contusions multiples. Les autres personnes affectées, au nombre de 20, souffrent de brûlures superficielles. A 0h00, les craintes du gouvernement catalan étaient la progression de feu persistant à l’Ouest de La Jonquera, vers la région de la Garrotxa. Le ministre-conseiller de l’Intérieur catalan, Felip Puig évaluait à 20.000 hectares au total la marge offerte aux flammes, compte tenu d’une situation nocturne empêchant la poursuite des opérations d’extinction. Enfin, au vu de la gravité de la situation, le Président du gouvernement catalan, Artur Mas, arrivé sur les lieux à 0:30, condamnait les « imprudences manifestes » à la source du drame environnemental et humain.

Vidéos témoignant de l’intensité du sinistre de La Jonquera

Première intervention, vue du fort de Bellegarde (Le Perthus)
Compilation BFMTV
Séquence captée par un pompier
Intervention des pompiers
Les fumées atteignent les habitations

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