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La Clau
La centrale solaire de Perpignan Saint-Charles, doublée à partir de 2013
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La plus grande centrale photovoltaïque d’Europe intégrée à un bâtiment, inaugurée en octobre 2011 au sein du Marché International Saint-Charles de Perpignan, appelait une deuxième phase, imaginée dès 2009. Aux 68.000 m2 initiaux, composés de 97.000 tuiles photovoltaïques pour une puissance de 8,8 mégawatts, devait s’ajouter « Saint-Charles 2 », mais un moratoire décrété par l’Etat en décembre 2010 a stoppé cette initiative, par suppression temporaire des subventions publiques dédiées. Ce contexte douloureux pour les professionnels du photovoltaïque était annoncé quelques mois plus tôt à Perpignan par le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, qui déclarait « le solaire n’est pas encore compétitif par rapport à l’éolien« . Mais ce projet sera repris sur le terrain dès 2013, sous l’impulsion de Jacques Font, président du Pôle Économique Saint Charles (PESC) et André Joffre, acteur indispensable de la filière photovoltaïque en France et en Europe. Le financement, partiellement acquis, proviendra des fonds européens Feder, garantis par la Banque Européenne d’Investissement. Rebaptisé « Saint-Charles 2.0 », en clin d’oeil à l’Internet participatif, ce projet de renaissance se veut solidaire et collectif, selon le principe de l’autoconsommation de l’énergie solaire produite. La maîtrise de l’énergie fait partie des critères défendus dans ce cadre, selon les indications fournies par ces deux acteurs économique, le 10 septembre 2012 à Perpignan. Cette opération d’envergure ura son volet généreux, un « Solaire solidaire », selon les mots des intéressés, car le surplus d’énergie produite, notamment le week-end, sera offert aux Restos du Cœur de Perpignan.

Anticipation sur les tarifs de l’électricité solaire pour 2020

Saint-Charles 2.0, promis à renforcer l’image du Roussillon en matière de production d’énergie propre, sera confié, comme Saint-Charles 1, à la société Solaire France, fondée sur le site perpignanais Tecnosud. La surface définitive reste à déterminer, l’objectif final étant de recouvrir 90.000m2, distribués sur plusieurs centaines de locaux du PESC. Cette centrale profitera d’une anticipation économique, car le tarif d’achat du kilowatt solaire sur la plupart des installations intégrées à des bâtiments, avoisinant à peine 17,50 centimes, sera réhaussé de 30 % en 2015 et de 50 % en 2020, suite à la fin des tarifs administrés de l’électricité. Établie par André Joffre, cette prospective, ajoutée à la division par trois du prix des panneaux solaires depuis début 2011, annonce une future « parité réseau », les prix du solaire égalant bientôt ceux du réseau électrique traditionnel. Selon M. Joffre, « L’autoconsommation devient peu à peu une évidence. Nous allons être les premiers en France à l’expérimenter à grande échelle sur ce projet collectif ». Par cette autonomie énergétique, les entreprises utiliseront leur propre électricité solaire, tandis que les propriétaires bailleurs pourront la vendre à leurs locataires. Pour Jacques Font, ce schéma de proximité producteur-consommateur est identique aux « circuits courts » de l’agriculture.

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