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Dès 2009, La Clau a révélé un projet de gazoduc européen, de 1,20 m de diamètre, prenant son départ à Martorell, au Sud de Barcelone. Ce tuyau doit passer par le Perthus puis la plaine du Roussillon, et rejoindre Barbairan, près de Carcassonne, pour transporter du gaz d’Afrique du nord d’un côté, du gaz norvégien et russe de l’autre. Cette liaison soutenue par le groupe français GDF Suez, la Commission européenne, le gouvernement français et le gouvernement espagnol, est baptisée Midcat / Step. Elle doit emprunter le même tracé que la controversée ligne électrique à Très Haute Tension (THT), qui fonctionne depuis 2014. Longue de 230 km, elle coûterait 450 millions d’euros. En 2015, nous révélions l’enjeu russe de ce projet qui peine à pénétrer le débat public du Pays Catalan. En effet, une dimension géostratégique existe, au vu des tensions politiques entre l’Europe et Moscou, grand fournisseur de gaz.

L’information vient de Londres

Mercredi 18 avril 2018, l’agence de presse britannique Reuters a communiqué l’existence d’un rapport explosif. Cette étude émane du cabinet finlandais Poyri, qui a répondu à la commande de la Commission européenne. Or, celle-ci semble avoir refusé de le transmettre à la députée européenne Michèle Rivasi, dans le cadre de la consultation développée en Pays Catalan et en Languedoc par la société Teréga, deuxième transporteur de gaz français. L’étude aurait été dissimulée car elle démontre que le gazoduc, désormais prévu pour 2022, sera économiquement inviable et inutile en matière de fourniture en énergie, autant pour la France que pour la Catalogne du Sud et l’Espagne. En outre, il induirait une augmentation du prix du gaz et impacterait l’environnement.

11 eurodéputés français écrivent à Emmanuel Macron

Dans une lettre ouverte adressée mardi 17 avril à Emmanuel Macron, 11 députés européens français exigent l’arrêt de ce projet de gazoduc, mais aucun n’est ressortissant des Pyrénées-Orientales. Ces élus sont Marie-Pierre Vieu, Michèle Rivasi, Xabier Benito, Ziluaga Marina, Albiol Guzman, Eva Joly, Karima Delli, Florent Marcellesi, José Bové, Pascal Durand, Yannick Jadot et Ernest Urtasun. Leur missive indique « Coûts exorbitants et opaques, impact environnemental désastreux, contradiction manifeste avec les engagements pris à la COP21… les raisons d’abandonner une telle initiative ne manquent pas (…) des assemblées locales à l’image de l’assemblée départementale des Pyrénées Orientales s’opposent à la poursuite du projet. Le gouvernement français précédent d’ailleurs l’avait abandonné car il n’était pas convaincu du bénéfice pour les consommateurs et l’environnement ».

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