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La réduction du déficit de l’Etat peut stopper net le projet de construction de la Ligne à Grande Vitesse Roussillon-Languedoc, selon une déclaration ministérielle du 11 juillet. Ce tronçon, actuellement prévu à l’horizon 2020, fait en effet partie d’une liste de 14 réalisations placées sur la sellette par le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. Par économie, la sélection dels seuls projets de Lignes à Grande Vitesse françaises jugés prioritaires, programmés d’ici à 2020, sera révélée en fin d’année par une commission spéciale. Selon M. Cahuzac, qui a remis en cause le schéma national des infrastructures de transport (SNIT) lancé en 2010 par le gouvernement de François Fillon, « l’État a prévu une multitude de projets sans avoir le début du commencement du moindre financement » . Le ministre a poursuivi, en avouant que « le gouvernement n’aurait pas d’autre choix que d’abandonner certains projets » de Lignes à Grande Vitesse (LGV). Ces déclarations font suite au rapport annuel de la Cour des Comptes, publié le 2 juillet, qui pointe du doigt de nouveaux axes TGV « qui ne sont pas budgétairement soutenables et dont, ni la rentabilité financière ni l’intérêt environnemental ne sont établis ». Sur ce principe, l’enveloppe des 260 milliards d’euros de la grande vitesse française, fournis à parts égales par les institution territoriales, l’Etat et des groupements privés, sera réduite et pourra exclure la « ligne nouvelle Montpellier Perpignan« . Ce traitement la rapprocherait alors, avec retard, du tronçon Barcelone-La Jonquera, soumis à des errances espagnoles depuis une vingtaine d’années.

Le statut international de la LGV, argument massue

Le choix de la commission, composée de parlementaires et d’experts, repose sur des critères de coût, de temps de voyage et de rentabilité. Mais au delà, le financement de la ligne Perpignan-Montpellier devrait dépendre d’arguments annexes, qui marqueront la différence. Cette liaison pourrait alors être présentée dans son contexte réel, sur l’axe Séville-Madrid-Barcelone-Paris-Berlin, et non plus comme simple maillon franco-français. Cependant, dans une lecture politique habituelle en matière de grande vitesse, la prise en compte de ce statut international peut souffrir de la discorde des couleurs politiques entre Paris et Madrid, d’autant que l’Etat espagnol, par tradition, craint un renforcement de l’internationalisation de la Catalogne par la Grande Vitesse, tandis que le Languedoc institutionnel n’exprime aucun égard envers Barcelone. Dans une vision simplement nationale, ce paramètre négatif pourra être contré par l’appartenance socialiste de trois députés des Pyrénées-Orientales et du président de la Région Languedoc-Roussillon Christian Bourquin, dont le pouvoir de persuasion auprès du gouvernement est désormais mis à l’épreuve.

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