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La Clau
TGV : pour Opencat, « Paris jette Perpignan dans les bras de Barcelone »
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L’absence de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Perpignan-Montpellier parmi les priorités du rapport Duron, remis ce jeudi 27 juin au gouvernement, inspire des réactions contrastées dans les Pyrénées-Orientales. En soirée, le président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, qualifiait de « branquignols » les auteurs du document, tandis que le député UMP des Pyrénées-Orientales, Fernand Siré, estimait « catastrophique pour l’économie locale et le développement du tourisme » le report à une « date ultérieure à 2030 ». Dans un communiqué, ce parlementaire percevait un Pays Catalan « définitivement oublié » car « les socialistes locaux et nationaux ont condamné le projet ». Dans un même amalgame entre gouvernement et Etat, les Jeunes UMP estimaient, dans un autre communiqué, que le Parti Socialiste « condamne les Pyrénées-Orientales », s’inquiétaient pour le « développement économique » et regrettaient la « migration des jeunes diplômés ». Pour sa part, le Parti de Gauche citait, dès le 26 juin, un « abandon programmé » sous les « diktats de l’austérité », et situait le débat sur le terrain « écosocialiste », en dehors des « chicaneries politiciennes » sur une « influence nationale de tel ou tel élu »,

Perpignan, « dans l’angle mort de Paris » et plus près de Barcelone

Dans un autre communiqué, le cercle de réflexion perpignanais Opencat, fondé en 2010 pour promouvoir la modernisation des Pyrénées-Orientales par le Sud, affirme sans détours que « Paris jette le Roussillon dans les bras de Barcelone ». Le think tank évoque un report du projet « à 2040 voire 2050 », qu’il assimile à un « abandon », et décrit une diversion administrative organisée par l’Etat -sans citation du PS ou de l’UMP-, qui connaissait le dénouement du sujet. Le laboratoire à idées impute une partie de l’échec à Christian Bourquin, dont la proposition de novembre 2012 consistant à réduire à 220 km/h la vitesse des futurs trains a fourni au ministère des Transports les preuves d’un « cafouillage régional ». Opencat, pour lequel « Perpignan reste dans l’angle mort de Paris », contrebalance la nouvelle par le « nouveau pôle de référence de Barcelone », prochainement à 55 mn de Perpignan et « connecté à Boston, Dubaï ou Copenhague, depuis un puissant aéroport ». Cette analyse, détonante face au schéma gauche-droite, décrit une capitale catalane qui « comprend mieux la mondialisation » et reste « incomparable » à Montpellier, tandis que le temps de parcours vers Paris, par TGV, serait « excessivement long face à l’avion ». Il s’agirait ainsi que le Roussillon puisse « profiter de son paradoxe », en tant que région française progressivement située dans un giron extérieur. A ce point de vue s’ajoute celui de l’Union pour les Entreprises 66, représentation territoriale du MEDEF, pour laquelle « là où on efface une frontière en permettant une connexion avec Barcelone, on en crée une autre en nous gardant délibérément isolés de Paris ».

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