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L’entrée en service de la Ligne à Grande Vitesse transpyrénéenne, ce dimanche, accélère les inquiétudes et les demandes de solutions alternatives des maires de Cerbère et Portbou. Les deux communes, reliées par le train depuis 1878, souffrent déjà de la concurrence du tunnel du Perthus, alors que l’exploitation ferroviaire constitue 65% de leurs économies et fournissent 350 emplois directs. Dès novembre 2008, les maires des deux cités, Jean-Claude Portella pour Cerbère et Antoni Vega pour Portbou, ont alerté les autorités supérieures, à l’occasion d’un « Sommet international du train », face à l’échéance de 2010 entre Perpignan et Figueres, puis celle de 2013, qui comportera l’ouverture de la ligne TGV Paris-Perpignan-Barcelone. En septembre 2010, un « Compromis de Portbou » a été signé par les deux mêmes maires, en présence de l’Association d’Usagers de la Ligne Ferroviaire Perpignan-Cerbère-Portbou, dans une impuissance certaine, faute de relais institutionnels réels. Mais vendredi dernier, M. Vega est revenu sur le sujet, en relançant l’idée d’une ligne ferroviaire de proximité entre Perpignan et Girona, placée sous l’ombrelle administrative de l’Eurodistrict, qui doit regrouper le département des Pyrénées-Orientales et la province de Girona.

Selon le maire de Portbou, la Ligne à Grande Vitesse sous le massif des Albères doit être complétée par une réaffectation de la ligne conventionnelle sous le col des Balistres. De la sorte, la survie des villes de Cerbère et Portbou serait assurée par un métro à ciel ouvert, qui améliorerait la desserte du territoire, au bénéfice des ses habitants, dans l’esprit du développement durable. M. Vega suggère une augmentation des cadences, adaptée aux horaires « des collèges, des lycées, et des entreprises », et une utilisation du train y compris pour aller faire son marché dans les villages voisins. Dans l’immédiat, depuis ce mardi, la ligne TGV absorbe 4 convois de marchandises hebdomadaires, qui empruntaient jusque-là la ligne côtière, et occasionne la suppression d’un train « Talgo » quotidien, avant d’autres réductions de trafic. L’avenir de la ligne Perpignan-Cerbère-Portbou-Girona, brusquement devenue ancienne au risque de basculer dans le désuet, est entre les mains des volontés du gouvernement de Catalogne et de la Région Languedoc-Roussillon. Ces deux institutions sont encore muettes sur le sujet, qui impose une concertation internationale commune face à une même crise structurelle, et appelle la mise en place effective de structures de gestion européennes.

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