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Alors que la révolte revient chez les buralistes du Pays Catalan suite à la baisse générale des prix du tabac en territoire espagnol, les buralistes espagnols s’inquiètent de la contrebande andorrane. La semaine dernière, la société Philip Morris a réagi a la loi anti-tabac espagnole, qui a fait chuter ses ventes de 23% depuis 2010. La semaine précédente, ses concurrents Altadis et British American Tobacco avaient amorcé une guerre des prix pour conserver leur clientèle voire en capter une nouvelle. Ainsi, dans les commerces de La Jonquera, Figueres ou Portbou, une baisse de 20 à 30 centimes s’est répercutée sur les paquets de cigarettes les plus consommées. Les classiques Marlboro ont chuté de 4,25 euros à 4 euros, tandis que le paquet de cigarettes Chesterfield ne coûte plus que 3,70 euros outre-Pyrénées. Dans cette guerre des prix, les débitants de tabac frontaliers français font grise mine et exigent de la part de l’État l’application de la loi qui limite à 5 cartouches la cargaison autorisée par personne de nationalité française. Leur représentant, Pascal Montredon, s’est exprimé sur le sujet, samedi, en tentant de plaider une nouvelle fois une cause difficile, d’autant plus que l’Observatoire des drogues et des toxicomanies a révélé en mars que 20% des cigarettes fumées en France, bien davantage dans les Pyrénées-Orientales, proviennent de l’extérieur.

Mais la fronde française connaît son équivalent ibérique, par une récente réforme de la loi espagnole sur la contrebande, validée le 25 mai. Le Sénat espagnol a élevé à 20.000 euros, contre 6.000 auparavant, le seuil à partir duquel la possession d’une quantité de tabac étranger saisie en Espagne constitue un délit. L’industrie tabatière espagnole a exprimé sa désapprobation la semaine dernière, en avertissant le gouvernement Zapatero d’un risque de multiplication des mafias de vente de tabac, en particulier acheté dans la principauté d’Andorre, dont les prix massacrés peuvent anéantir les marchés français et espagnol. Actuellement, un paquet de cigarettes populaires de type Camel coûte 2,50 en Andorre, soit moins de la moitié du tarif français.

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