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L’aéroport de Girona a accueilli avec effroi, ce mercredi matin, une nouvelle communiquée par son principal opérateur, l’Irlandais Ryanair. Le transporteur low cost irlandais vient de faire le choix d’éliminer 18 de ses destinations au départ de Girona, faute d’accord avec le gouvernement de Catalogne, auquel étaient exigés 7,5 millions d’euros. Cette mesure catégorique consistera à supprimer des vols parmi les plus rentables, notamment vers Madrid i Lanzarote, aux Îles Canaries, ainsi que les liaisons vers Düsseldorf, Gdansk, Stockholm, Hambourg, Ibiza, Lille, Londres, Oslo ou encore Poitiers. Au total, 46 destinations resteront disponibles parmi les 64 qui fonctionnent dans l’actualité. Au niveau des rotations hebdomadaires, Girona accueillera donc 194 départs et arrivées à partir du mois de mai, contre 300 actuellement. Ce retrait devrait engendrer une perte sèche de 1,7 million de passagers par an, alors même que Ryanair a offert ses services a 4 millions de voyageurs en 2010, selon le vicepresident de Ryanair en personne, Michael Cawley, qui s’exprimait en conférence de presse. Selon ses calculs, la conséquence de ce grand changement devrait être la destruction de 1700 emplois, directs ou indirects, dans la région de Girona, notamment sur la Costa Brava.

L’émissaire britannique, selon lequel l’intention première de Ryanair était de poursuivre son développement à Girona parallèlement à son installation à Barcelone-El Prat, en septembre dernier, a regretté un manque de soutien public, condition indispensable pour le maintien du casseur de prix à Girona. Selon le nouveau gouvernement de Catalogne, présidé par le centriste Artur Mas, le délicat contexte économique actuel ne permet pas de financer la présence du transporteur irlandais par l’intermédiaire de nouvelles subventions. Celle-ci avaient cependant été sérieusement évoquées par le gouvernement précédent, mené par le socialiste José Montilla, battu lors des élections de novembre dernier. La semaine dernière, M. Mas a avancé l’idée de récupérer à moyen terme l’intégralité de la gestion de l’aéroport de Girona, actuellement sous la responsabilité de l’organisme public espagnol Aena. Parallèlement, la direction du même aéroport affirmait avoir pris contact avec « trois nouvelles compagnies aériennes », qui pourraient partiellement compenser la défection de Ryanair. Ce mercredi en milieu de journée, le directeur général des Transports et de la Mobilité du gouvernement catalan, Ricard Font, jugeait la position de Ryanair comme une « grave menace » pour l’aéroport de Girona.

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