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Le taux de chômage français, à 10 % au premier trimestre 2012 selon les calculs de l’Institut National de Statistiques et des Etudes Economiques (Insee) publiées en juin, représente 2,75 millions de personnes. Ce franchissement d’une barre symbolique illustre un nombre de de sans-emploi jamais observé depuis le deuxième trimestre 1999. Mais les données relatives aux Pyrénées-Orientales sont autrement plus inquiétantes, car l’étape psychologique des 10 %, franchie dès le 1er trimestre 1984, jamais quittée depuis, est devenue un trait de personnalité. La nouvelle hausse s’est traduite par une prise de leadership national peu enviable pour le Pays Catalan, qui détient un taux de 14,2 %. Alors que les effets de la crise économique et financière induisent dans les Pyrénées-Orientales une hypertrophie de 55,2 % de la proportion de chômeurs, le nouveau chiffre situe les latitudes nord-catalanes devant les départements de l’Hérault et de l’Aisne, tous deux dotés de 14,1 %.

Être l’extrême Sud de la France favorise l’inactivité

Dans le classement national de l’Insee, les départements ordinairement défavorisés en matière de dynamisme du marché du travail, comme le Gard, les Bouches-du-Rhône, l’Aude et la Seine-Saint-Denis, sont respectivement dotés de taux de 13,1 %, 12,2 %, 13,5 % et 12,2 %. La profusion de données permet également de dégager les taux flatteurs de 6,9 % dans l’Ain, 7,1 % dans l’Essonne, 7,6 % dans les Hauts-de-Seine et 8 % en Vendée. Dans une tendance invariable depuis la fin du siècle dernier, le grand Sud de la France, à quelques exceptions comme le Gers ou la Lozère, semble littéralement éponger une partie des taux du Nord. Cette possibilité, absente des calculs officiels bien que murmurée dans les couloirs politiques, en Roussillon comme à Paris, reste criante dans les Pyrénées-Orientales, à l’extrême Sud du Sud.

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