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Un partenariat commercial engagé par l‘USAP et l’entreprise franco-marocaine Azura, basée au sein du marché international Saint-Charles de Perpignan, est dénoncé par le journaliste Olivier Dauvers, animateur de l’influent blog qui porte son nom. Ce rédacteur parisien annonce sur Twitter, en accompagnement d’une photographie faisant office de pièce à conviction : Vues d’ici, ces tomates perpignanaises sont françaises, probablement catalanes même. En témoigne le parrainage du club de rugby de Perpignan. Raté. Marocaines serait plus exact”. En creux, cette formule défend les productions authentiques, non maquillées, d'(origine contrôlée. La barquette de tomates cerises s’appelle “la mêlée” et comporte les photographies des trois joueurs du club. Un enracinement européen certain est insinué par l’esthétique de ce packaging, mais il n’y a pas, à proprement parler, tromperie sur la marchandise.

Une image ambiguë

Spécialisée dans dans la production de tomates, mais aussi penchée sur les produits issus de la mer via sa branche “Azura Aquaculture”, l’entreprise visée et l’USAP ne sont pas suspectés de stratégie illégale, mais d’une attitude trompeuse et peu éthique. En effet, le drapeau catalan rattaché à l‘USAP indique sur l’emballage une évidente appartenance territoriale européenne, mais le contenant provient d’Afrique du Nord. Cette stratégie pouvant induire les consommateurs en erreur est également déplorée par l’Association d’Organisations de Producteurs nationale  « Tomates et Concombres de France ». Cette structure professionnelle épingle aussi le club sang et or, sur le même réseau social : “Oui ce sont des tomates, avec les couleurs catalanes… mais en provenance du Maroc !”, s’agace ce puissant groupement de 500 producteurs présents sur l’ensemble de la France.

Le hashtag “Balance ton origine” s’en mêle

Dans cette affaire d’interprétations, la communication par ricochets procurée sur les réseaux implique aussi “#BalanceTonOrigine”. Ce hashtag, inspiré de “balance ton porc”, est consacré à révéler au grand public les irrégularités en matière d’origine des ingrédients et des produits alimentaires. L’USAP s’affirmant comme “partenaire majeur” sur les barquettes de tomates marocaines commercialisées au départ du Pays Catalan est sujette à un procès en déontologie, dans un contexte de protectionnisme économique bien davantage défendu par le monde agricole que par les consommateurs. Azura est une entreprise qui a “l’art de frôler la ligne jaune”, opine Olivier Dauvers, mais cette importante entreprise est représentative du modèle économique général de Saint-Charles, fondé sur une importation massive et permanente de produits du Maghreb et d’Espagne, vers la France et le reste de l’Europe. La polémique, symboliquement compréhensible, est en réalité lancée de loin. Sur le terrain, elle se heurte au principe de réalité illustré par les 150 emplois associés à Azura sur sa plateforme de Perpignan.

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