Langue

La société perpignanaise EAS Industries est en difficultés, selon une alarme de la CGT communiquée vendredi 16 mai. Le syndicat, saisi par la direction, a signalé une imminente cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Perpignan. Le troisième employeur privé des Pyrénées-Orientales, spécialiste de la réparation et maintenance aéronautique auprès d’une cinquantaine de compagnies, a obtenu en 2011 et 2012 un chiffre d’affaires de 17.5 millions d’euros. Une proportion importante, environ 15,7 millions, a été tirée de l’étranger, principalement le continent africain et particulièrement Air Maroc. EAS Développement, qui jouit d’une activité constante et emploie 269 salariés, a cependant dû bénéficier d’une subvention d’Etat de 500.000 euros, en 2010, dans le cadre d’un agrandissement de locaux permettant l’accueil d’avions de type Boeing 757 et 767 ou Airbus A340 et A330. La société peut ainsi traiter simultanément 7 avions classiques et 5 très gros porteurs, en rayonnant sur un très vaste secteur géographique sur un critère de vols inférieurs à 5 heures. Perpignan peut recevoir des appareils de l’ensemble de l’Europe, de Russie, du Sénégal et de la péninsule arabique.

Une incohérence stratégique et comptable

Récemment, en octobre 2013, la direction d’EAS annonçait le recrutement de 80 nouveaux salariés d’ici 2016, mais la révélation de difficultés, 6 mois plus tard, rend aventureuse cette intention d’embauches. En effet, la promesse se justifiait par une prévision de commandes en croissance, compte tenu du marché international et du doublement de la force de maintenance technique, suite à un gain de surface de 7 300 m2. Mais EAS avoue aujourd’hui que les 6 millions d’euros de préjudice liés à l’effondrement de son futur hangar, le 24 décembre 2010 sous une tramontane à 130 km/h, n’ont jamais été surmontés.

Une « solution française et discrète »

Les incertitudes pesant sur EAS ne sont pas nouvelles, car la société a connu le tumulte en 2006, avant de changer de propriétaire cette même année. L’entreprise, reprise à 80 % par le holding de l’homme d’affaires Georges Cohen, limitant son apport à 5 millions d’euros, mais désormais menacée de liquidation judiciaire, cherche un repreneur. Un investisseur établi à Dubaï, un temps intéressé en 2013, n’a finalement pas souhaité s’engager, mais une solution « française et discrète » peut intervenir, selon une source proche de la direction, qui se garde de toute certitude.

Documents :

Lettre ouverte de la CGT – salariés d’EAS, 20 mai 2014.

Partager

Icona de pantalla completa