Langue
La Clau
Perpignan: mots crus contre l’Université Sud de France voulue par Christian Bourquin
Langue

Après l’aéroport de Perpignan et le port de Port-Vendres dans la première décennie des années 2000, le déclassement de l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) à l’échelle du Languedoc-Roussillon s’est renforcé la semaine dernière. Le président de l’institution, Christian Bourquin, a réussi à rallier les trois universités de Montpellier sur un socle commun « Sud de France », pour répondre à l’appel à un projet d’initiative d’excellence (IDEX) lancé par l’Etat, et bénéficier du Grand emprunt. Chaque établissement pourrait ainsi percevoir 700 millions d’euros, dans l’optique d’une inclusion plus forte dans les réseaux d’étude et de recherche européens et mondiaux. L’Etat, à travers la ministre de l’Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, aura le dernier mot sur ce regroupement, qui constitue déjà une excellente nouvelle pour l’avenir du Languedoc. Mais le Roussillon, doté d’une seule université, reste en marge de ce mouvement de projection internationale soutenu par la force publique, dans l’indifférence première des partis politiques en dehors de l’UMP et, indirectement, des sphères communistes.

Ce mardi, cependant, la numéro 1 du Parti Socialiste à Perpignan, Jacqueline Amiel-Donat, est intervenue sur le sujet, en dénonçant un « diktat Pécresse-Frêcho-Bourquin » envers les établissements montpelliérains, dont elle n’apprécie pas la réunion. Or, ce lundi, l’assemblée départementale des Pyrénées-Orientales a voté à Perpignan une simple subvention de 15.000 euros à l’UPVD, dans le cadre d’un partenariat avec l’Université égyptienne d’Alexandrie, voué à créer un étonnant diplôme « Gouvernance des collectivités publiques ». Mme Amiel-Donat, qui opinait sur son blog, a jugés « exotiques » les partenariats tissés ces dernières années entre Perpignan et plusieurs établissements des pays du Sud, tout en critiquant la stratégie du Conseill Général des Pyrénées-Orientales, dont l’ancien président, Christian Bourquin, est désormais le numéro 4. Selon Mme Amiel-Donat, certains futurs diplômés issus du partenariat « vont travailler au Conseil Général », qui n’embauche pourtant aucun étudiant de Master Droit « Action Publique » de l’Université de Perpignan. Pour sa part, le mouvement gaulliste et souverainiste « Debout la République », lancé par le député francilien Nicolas Dupont-Aignant, s’est aussi exprimé ce mardi. Considérant l’Université de Perpignan « oubliée du PS et enterrée par l’UMP », la fédération territoriale indiquait « Le Sud de France doit certainement s’arrêter à Salses » et lançait « PS et UMP arriveront enfin à tuer l’UPVD au profit d’un conglomérat montpelliérain, certes nécessaire mais certainement pas dans le cadre d’un monopole et d’une centralisation ».

Partager