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L’entrée en service de la future Ligne à Grande Vitesse (LGV) Barcelone-Perpignan, envisagée pour la fin de l’année prochaine, inquiète les villes voisines de Cerbère et Portbou depuis plusieurs années. Depuis 2008, les deux communes qui assurent la charnière franco-espagnole de la ligne ferroviaire conventionnelle, inaugurée en 1878, organisent des rassemblements médiatisés, afin d’attirer l’attention des pouvoirs publics. Sans grands résultats, un « engagement de Portbou » a été signé par les deux maires, en septembre 2010, mais une bascule politique s’est produite dans la ville de Catalogne du Sud. Depuis mai dernier, Portbou n’est, en effet, plus dirigée par le socialiste Antoni Vega, mais par Josep Lluís Salas, membre de la cioalition centriste Convergence et Union (CiU).

Ce dimanche, le nouveau premier magistrat a rendu compte de ses projets concernant la gare de sa commune, qu’il souhaite mieux relier à la route. Selon cette stratégie, les camions cesseraient de traverser la ville et emprunteraient un nouvel axe direct, dans l’objectif de dynamiser les flux de marchandises. Cette solution, qui moderniserait Portbou face à l’efficacité et la rapidité des convois de fret choissant la LGV, développerait l’imposante infrastructure de la ville, dupliquée par l’histoire ancienne à Cerbère. Pour le premier édile, il s’agit de « recycler la gare de Portbou pour la transformer en gare de distribution et de stockage de marchandises”.

Au passage, la gare concernée damer le pion à Cerbère, à moins d’une solution concertée, au delà des bonnes intentions manifestées lors des sommets. Selon M. Salas, les négociations sont désormais ouvertes avec le gouvernement de Catalogne, dirigé par la même coalition CiU, très agressive dans sa reconquête économique consécutive à la crise. Selon le maire, l’entrée en service du TGV fera perdre à Portbou ses trains de longue dictance, dont les célèbres Paris-Portbou et Portbou-Barcelone. L’offensive s’impose donc, d’autant plus que la circulation de trains de marchandises, d’un seul convoi quotidien actuellement, passera à quatre dans les prochains mois à Portbou, la production automobile en provenance de la région de Barcelone exigeant un renforcement de la capacité de transport.

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