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Article actualisé le lundi 14 janvier.

Une information non-officielle indiquant depuis le 10 janvier une menace sur la liaison aérienne Perpignan-Paris a provoqué, le 11 janvier, la réaction des Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, et du Languedoc-Roussillon. Leurs présidents, Jean-Pierre Navarro et Bernard Fourcade, ont précisé sur un communiqué conjoint que lur tandem « ne détient aucune information » sur ce sujet, et rappelé que l’aéroport concerné n’est plus à la charge de la première des CCI « depuis le mois d’avril 2010 ». En effet, le tarmac du Roussillon est géré par un syndicat mixte composé de la Région Languedoc-Roussillon, du Conseil général des Pyrénes-Orientales et de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA). Pour sa part, dans un autre communiqué, l’ancien député UMP et maire de Pollestres, Daniel Mach, s’est déclaré « atterré par le silence de Jacques Cresta », son successeur socialiste à la députation. Selon lui, l’hypothèse d’une suppression rappelle « celle de 2003 », lorsque la compagnie aérienne Air Lib « avait déposé le bilan menaçant ainsi Perpignan d’être totalement enclavée ». Le vice-président de PMCA et secrétaire départemental de l’UMP des Pyrénées-Orientales s’est déclaré « inquiet » pour l’avenir de cet aéroport et « consterné par l’indifférence dont font preuve les nouveaux parlementaires catalans« . Daniel Mach a également visé Christian Bourquin, sénateur et président de la Région Languedoc-Roussillon, institution « responsable de la gestion de l’aéroport à 70 % », et défendu une politique de transports  » bien au-delà du bus et du train à 1 euro« .

Le député Jacques Cresta a réagi le 12 janvier

La prise de position du député socialiste Jacques Cresta est survenue le 12 janvier, également par communiqué. Le parlementaire proche de Christian Bourquin a indiqué avoir contacté la direction d’Air France, qui lui a signalé les contours « fantaisistes » de la rumeur de fermeture, qui n’est pas « à l’ordre du jour ». Mais l’amplitude de la communication développée autour justifie une conférence de presse, le 26 janvier, par Air France, concernant la fermeture de « liaisons de province ». M. Cresta a aussi saisi le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, « face à la position de l’Union Européenne sur l’interdiction de subventionner les aéroports ayant moins de 1 million de passagers » et sur « l’intérêt pour le développement de notre territoire que représente cet aéroport ». Le secrétariat de l’élu a conclu : « plus que sauver cette ligne, il est vraiment question pour Jacques Cresta, aux côtés de la Région Languedoc-Roussillon, et des acteurs économiques, de la développer ».

L’UDI suggère un « suivi collectif »

Sur ce même sujet, l’Union des Démocrates et Indépendants des Pyrénées-Orientales (UDI 66) a défendu le 12 janvier l’opportunité d’un « suivi collectif fédérant les partis politiques, les parlementaires et les représentants des acteurs économiques ». Le parti de Jean-Paul Alduy et Jean-Louis Borloo a estime que le président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, parce que son institution est « responsable de la gestion de l’aéroport à 70 % », a pour devoir de « défendre tous les territoires du Languedoc Roussillon ». Le parti du centre a aussi conseillé « la plus grande vigilance à tous les parlementaires des Pyrénées-Orientales », sur un « dossier d’intérêt général, qui doit dépasser les clivages politiques ».

Le Front National cite le « parent pauvre de l’impulsion politique »

Dans un communiqué en date du 13 janvier, le vice-président du Front national et Conseiller régional des Pyrénées-Orientales Louis Aliot, estimait que « la précipitation suspecte des anciens et nouveaux députés sur le sujet ne doit pas masquer la réalité de notre aéroport et la responsabilité de la gestion de celui-ci qui incombe désormais à la Région ». Selon le compagnon de Marine Le Pen, « l’aéroport a été le parent pauvre de l’impulsion politique locale », car « les Alduy et consorts préféraient deviser sur la liaison TGV avec Barcelone et vanter une phantasmatique villearchipel avec Perpignan ». M. Aliot a également visé le maire UMP de Perpignan, Jean-Marc Pujol, pour lequel « Perpignan n’a pas le potentiel démographique pour attirer les transporteurs. L’aéroport de Gérone, situé au centre d’une conurbation de plusieurs millions d’habitants, est devenu l’aéroport naturel de Perpignan et cela sera encore plus vrai lorsque le TGV sera en activité ». Dans les faits, une gare TGV attenante à l’aéroport de Girona, dont le projet est évoqué depuis 2011, situerait Perpignan à environ 35 minutes d’une puissante infrastructure déjà très largement utilisée par la clientèle du Roussillon.

Perpignan échappe aux nouveaux tarifs alléchants d’Air France

L’éventualité d’une suppression où d’une réduction des rotations de la ligne Perpignan-Orly intervient parallèlement à une restructuration des offres fournies par Air France. Perpignan échappe ainsi à l’offre tarifaire « Economy », présentée le 7 janvier. Cette nouvelle politique prévoit des prix préférentiels sur 58 destinations en France, en Europe et au Maghreb, dont des allers simples à partir de 49 euros. Outre ne pas profiter de cette dynamisation, la capitale du Roussillon continuera de proposer une offre vers Perpignan-Orly peu compétitive, de 175 euros à près de 500 euros aller-retour. Selon les données fournies par la CCI de Perpignan et des Pyrénées-Orientals, l’aéroport de Perpignan a bénéficié du passage de 328.510 personnes du 1er janvier au 30 novembre 2012 sur la ligne Perpignan-Paris Orly.