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Les déversements de pêches à Perpignan et au Boulou, débutés mardi par les paysans des Pyrénées-Orientales, convoqués par la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), convoquent les vieux démons du pays. Opposé à 64,53% au projet de Traité Constitutionnel Européen de 2005, après son rejet, à 54,77%, du traité de Maastricht, en 1992, le territoire tutoie ses limites face à l’Europe du libre-échange, traduite localement par la création timide d’un espace trans-catalan, promis par des structures telles l’Eurodistrict Perpignan-Girona et l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée. Les fouilles de camions venus du Sud, près de l’autoroute A9, et le barrage opposé à ces mêmes camions, par le vidage de plusieurs dizaines de tonnes de fruits du pays à l’entrée du Marché International Saint-Charles de Perpignan, ce vendredi matin, ont le plus souvent opposé des Catalans à des Catalans. L’économie transfrontalière, dans une féroce concurrence paysanne, reste alors le point faible de la construction européenne réelle, éloignée des capitales, dans une région qui a bâti sa personnalité la plus récente autour d’une frontière instaurée il y a tout juste 350 ans, désormais atténuée dans les textes mais réelle dans un protectionnisme que l’on croyait révolu.