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La Clau
L’Espagne supprime une ligne TGV qui transporte 16 voyageurs par jour
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Au cours de la dernière décennie, l’importante politique espagnole de mise en service de Lignes à Grande Vitesse (LGV) a permis de dépasser, en nombre de kilomètres, l’offre du réseau français. Mais le plan de développement des mobilités ibériques reçoit du plomb dans l’aile, cette semaine, par la fermeture d’une ligne. Ce lundi, la société ferroviaire nationale RENFE a en effet communiqué la fin de l’exploitation du TGV Tolède-Albacete-Cuenca, au sud et au sud-est de Madrid, en vertu d’une désaffection manifeste de la clientèle. A partir de vendredi, cette ligne inaugurée en décembre dernier, dont le coût journalier atteint 18.000 euros, ne fonctionnera plus à grande vitesse, mais accueillera des convois traditionnels.

Le bilan affiché par la RENFE, de 2796 voyageurs transportés en 6 mois, s’avère catastrophique, et met en relief une gabegie, dont l’exécutif de José Luis Rodríguez Zapatero doit se résoudre à endosser la responsabilté. En moyenne quotidienne, le tronçon Tolède-Albacete ne parvient à attirer que 9 personnes, tandis que la portion Tolède-Cuenca en concerne 7. Cette inadéquation entre les moyens investis et le besoin réel suscite un questionnement sur le modèle espagnol du réseau à Grande Vitesse, illustré par le retard de réalisation de la LGV Figueres-Barcelone. Alors que la priorité concernerait la liaison avec le reste de l’Europe, l’Espagne aurait ainsi préféré lancer une ligne, à 100 km au Sud de Madrid, au détriment des besoins de sa périphérie, frontalière avec le territoire français.

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