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La crise du secteur des fruits, concentrée sur la production de pêches, est le principal volet socio-économique de l’été en Pays Catalan. Ce feuilleton, dramatique pour les agriculteurs concernés, s’est accompagné mardi, dans les Pyrénées-Orientales, d’une visite du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, qui a promis une mesure sans effet de fond consistant en l’injection de 5 millions d’euros dans les entreprises les plus durement touchées par la concurrence espagnole. Dès ce jeudi, l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (IFRAP) affirmait « Crise des fruits et légumes : pas de remède annoncé ». Cette fondation reconnue mettait en exergue une situation « complexe », dont la solution financière avancée par le ministre s’ajoute à d’autres « aides considérables (et jugées illégales par Bruxelles) de l’État ».

La panoplie de solutions proposée par le ministre vise aussi le renforcement des contrôles de camions de fruits et légumes en France, ordonné par l’État, avec une première friction, le 11 juillet au péage du Boulou. Cet épisode fondateur, qui a redonné vie à une frontière matériellement démontée il y a moins d’un an, a alerté dès l’origine le gouvernement espagnol. Ce jeudi, la ministre de l’Agriculture espagnole Rosa Aguilar a signalé qu’elle rejetait « fermement » le renforcement annoncé, position qu’elle réaffirmera « lors d’une réunion entre les deux ministres le 6 septembre à Paris », et souligné la « haute qualité » des produits agricoles espagnols, « conformes aux standards de qualité, selon la législation communautaire en vigueur ». Au delà des convenances diplomatiques, les deux ministres, soumis à des pressions populaires divergentes, devront faire preuve d’une inventivité totale, en saisissant la Commission européenne. Car la promesse de M. Le Maire en matière de contrôles, rassurante au Nord des Pyrénées, fait l’effet d’une nouvelle insulte au Sud.

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