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Dans l’attente d’un accord politique rendant possible la gouvernance du Parlement de Catalogne, à Barcelone, les 135 députés de cette assemblée, désignés par les urnes le 25 novembre, ont pris place le 17 décembre. Sa présidente démocrate-chrétienne Núria de Gispert a été reconduite par 79 voix favorables, 52 abstentions et 3 votes nuls, avant de prononcer un discours hautement souverainiste. Citant les « assemblées de la paix et de la trêve », embryon de démocratie catalane signalé dès l’an 1027 à Toulouges, en Roussillon, Mme de Gispert a défendu le « droit à décider » , correspondant à un référendum d’indépendance à date indéterminée. Souhaitant une « relation différente avec l’Espagne », la présidente a appuyé l’intérêt d’un dialogue parlementaire et cité la Catalogne comme « un pays qui se mobilise (…) disposé à tracer de nouveaux chemins et ouvrir de nouveaux horizons ». Cette intervention inaugurale, inspirée de Roosevelt lorsque Mme de Gispert a lancé « je suis convaincue que l’avenir sera bien à nous », a revêtu une teneur nettement nationale : « nous sommes une grande nation, de paix et de trêve ».

CiU et ERC divergent sur l’année du référendum sur l’indépendance

Au-delà de cette première séance, l’hémicycle catalan est promis à une alliance gouvernementale nouée entre la coalition victorieuse, Convergence et Union (CiU), dotée de 50 députés, et la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), qui détient 21 sièges. L’investiture du président Artur Mas, avant Noël ou début janvier, dépend de cet accord, dont le point d’achoppement concerne la date de convocation d’un référendum sur l’opportunité de créer un Etat catalan. ERC se montre pressée sur ce point, mais CiU préfère préparer les pleines conditions de sa réussite, économiquement et socialement.

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