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Une réunion de la dernière chance autour du projet de Ligne à Grande Vitesse Perpignan-Montpellier s’est déroulée ce 2 juillet à Paris, en présence du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier. Dans un rare oecuménisme politique, le président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée, Jean-Paul Alduy, la présidente du Conseil général des Pyrénées-Orientales, Hermeline Malherbe et le président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, ont pu défendre le même enjeu, six jours après l’annonce du report du tronçon, ultérieurement à 2030. Le résultat de cette réunion d’urgence est l’engagement de l’Etat pour la poursuite de la phase d’études relative à la ligne, qui porte sur la définition d’une zone de passage clairement concertée, un « faisceau », dont les ébauches ont exigé 37 millions d’euros. Le travail accompli, mobilisant bureaux d’études, élus et riverains, sera ainsi capitalisé, mais le prochain défi sera de terminer cette phase d’enquête publique, avant un nouveau forcing pour obtenir une déclaration d’utilité publique. La ligne, même en cas d’aménagement en 2040, profiterait d’un acquis administratif, mais, dans l’immédiat, une décision définitive concernant son reclassement parmi les priorités nationales sera donnée par le Premier ministre le 9 juillet, sans espoir.

Objectif identique, raisons divergentes

La coalition de personnalités politiques affichée ce 2 juillet, dans un plaidoyer pour un objectif identique, est en réalité portée par des motivations différentes. En effet, si Jean-Paul Alduy, inspiré par le réseau global des grands corridors européens, défend la ligne Perpignan-Montpellier comme avantage pour l’économie sud-catalane, avec des retombées pour le Roussillon, la vision départementale et régionale puise dans le jacobinisme de terroir. Car l’inévitable connexion avec la métropole barcelonaise et les nécessités imposées par les flux du port de Barcelone sont généralement éludées du discours départemental et régional, au fond préfectoral. A la rencontre du jour assistaient le président de Montpellier Agglomération, Jean-Pierre Moure, le sénateur-maire de Béziers et président de l’Agglomération Béziers Méditerranée, Raymond Couderc, le président du Grand Narbonne, Jacques Bascou et le président du Conseil général de l’Aude, André Viola. La fédération d’élus était large, probablement trop pour fournir à l’Etat une image homogène.