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La Clau
Le TGV Perpignan-Figueres est lancé, avant son inauguration le 19 janvier 2011
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Une nouvelle étape historique s’ouvre ce dimanche pour l’extrême Sud du territoire métropolitain français, en d’autres mots le département des Pyrénées-Orientales. Le positionnement géographique du territoire se trouve bouleversé par la continuité naturelle, désormais acquise à grande vitesse et en ligne droite, vers un autre Sud. L’avènement du TGV, en provenance de Paris, jusqu’à Figueres, signifie une élimination des Pyrénées en tant que frontière physique, dans un cadre européen, amené à renforcer la notion de Catalogne du Nord. La patrie de Dalí, et au-delà, la dynamique des régions de Girona et de Barcelone, se rapprochent de Perpignan, après la rupture des flux ordinaires, dès 1939 par le régime de Franco, puis par la seconde Guerre Mondiale.

Bien avant l’idée d’un TGV, le 30 juin 1976, une première séquence s’était ouverte par l’inauguration du tronçon Perpignan-La Jonquera de l’autoroute A9, qui a comprimé les distances, dans une première révolution mentale. Porteuse d’une économie eurocatalane pour les plus optimistes, la liaison TGV entre Perpignan et Figueres, en une vingtaine de minutes, prolongée jusqu’à Barcelone au printemps 2013, repositionne le Roussillon à l’échelle européenne et méditerranéenne. Les habitants du territoire, dont s’étiole le label « Sud’, devraient vivre à terme l’issue de plusieurs siècles d’enclavement. Dans l’immédiat, préalablement à toute perception géopgraphique nouvelle, un aménagement est espéré à Perpignan, dont la nouvelle gare, au coeur d’un nouveau centre d’affaires jouxtant la galerie commerciale El Centre del Món, manque d’autorisations techniques. Sur ordre de la Commission de Sécurité du chantier, plusieurs câbles inadéquats ont dû être modifiés récemment, mais une validation express, évoquée encore mercredi à Perpignan, n’a pas été possible, selon André Gounelle, chef de projets à la SNCF. Passée cette difficulté, l’inauguration officielle de la ligne, du côté des autorités françaises, devrait se dérouler le 19 janvier 2011.

Par ailleurs, l’euphorie observée dans certains milieux de décision des Pyrénées-Orientales diffère du sentiment observé au Sud des Pyrénées. Car à Figueres, Girona et Barcelone, le décideur et l’homme de la rue s’avèrent davantage séduits par l’idée d’une « destination Paris » que d’un simple trajet jusqu’à Perpignan, où les efforts sont redoublés pour éviter à tout prix le statut de simple escale. Parallèlement, dans le contexte sud-catalan ordinaire, c’est à dire ibérique, un important évènement TGV, largement médiatisé, fait de l’ombre au Figueres-Perpignan. Il s’agit du lancement de la ligne València-Madrid, ce samedi, en présence des Rois d’Espagne et du président José Luis Rodríguez Zapatero, pour lequel les deux villes sont désormais « plus proches que jamais ».

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