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Le gouvernement espagnol a transmis à Bruxelles, le 4 août, un plan de réductions de la dépense publique pour 2013 et 2014. Ce document, exigé par la Commission européenne avant l’attribution à l’Etat espagnol d’une année supplémentaire pour atteindre son objectif de déficit, contient une économie drastique de 102,149 milliards d’euros. Les chiffres présentés par le premier ministre, Mariano Rajoy, indiquent une économie de 13,1 milliards en 2012, 39 milliards en 2013 et 50,1 milliards en 2014, soit 10 % du PIB espagnol. Cette mesure extrêmement rude prolonge une précédente annonce d’économie de 65 milliards pour 2012.

Instaurer une culture de l’impôt

Le défi posé à l’Etat espagnol repose sur sa capacité à éliminer la fraude fiscale par une nouvelle culture de l’impôt direct et indirect, négligée par son modèle économique libéral. Ce seul principe, auquel contribueront la hausse de la TVA et un “centime vert” sur tous les carburants, doit produire 35 milliards d’ici 2014. En termes tranchants, une rationalisation de l’Administration est également notifiée par la suppression du 13e mois alloué aux fonctionnaires d’Etat. Ceux qui partiront en retraite ne seront pas remplacés, la fonction publique n’embauchera pas, la masse salariale du gouvernement perdra 600 millions d’euros et le train de vie des ministères s’amenuisera de 4,3 milliards. Les primes à l’emploi n’auront plus cours, la Sécurité Sociale sera moins généreuse, mais le niveau des retraites restera inchangé. Ces coupes sombres concernent également les Communautés autonomes, sommées d’économiser 19 milliards en 2013 et 2014 principalement sur la Santé et l’Education, dont elles ont la compétence. A ce sujet, une panne partielle de trésorerie catalane a été communiquée le 24 juillet par le Service Catalan de la Santé, qui ne dispose pas des 345 millions d’euros nécessaires au versement des salaires de la plupart des personnels hospitaliers. Depuis, seuls quatre hôpitaux ont confirmé au gouvernement catalan cette incapacité matérielle, qui reste possible en août.

L’Espagne n’exclut pas la bouée européenne

Pour la première fois, un sauvetage européen de l’Etat espagnol, qui dépendrait d’une demande exprimée par celui-ci, a été évoqué par Mariano Rajoy, le 4 août, en continuité de la présentation du nouveau plan. A cette occasion, le premier ministre espagnol est resté évasif en indiquant “je n’ai pris aucune décision et j’agirai selon l’intérêt général des Espagnols ». Cette éventualité repose sur les choix de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui consacre le mois d’août aux modalités des aides à fournir aux Etat européens en situation délicate, tout en préservant l’euro. Selon plusieurs sources communautaires, la Commission européenne se prononcera en septembre, car un sauvetage, traduit par le rachat d’une partie de la dette souveraine espagnole, imposerait l’accord des ministres des Finances européens, l’approbation en urgence par les parlements nationaux puis un nouveau passage par les ministres. Prévue lors de la première semaine de septembre, simultanément à celle du conseil de gouvernance de la BCE, la prochaine réunion de l’Eurogroupe, en vacances en août, devrait être déterminante.

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