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La consultation populaire organisée ce samedi 29 et ce dimanche 30 janvier sur un nouveau pont enjambant le Tech à Céret, sur 330 m de viaduc à trois piles, se traduit par la victoire du oui. Ce résultat, arrivé dans la nuit de ce dimanche 30 à ce lundi 31 janvier, s’élève à 56,27% des voix exprimées. Les opposants, principalement rattachés au secteur environnementaliste de Céret et des environs, ont obtenu 43,73%. Cette réalisation, habilement nommée “nouvelle desserte du Vallespir” sur les documents diffusés par le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales – son commanditaire –, a été abondamment relayée par la presse conventionnelle. Le futur pont aura une hauteur moyenne de 17,56 m et son coût représentera 40 millions d’euros.

Un corps électoral de 25 000 personnes

Cette consultation s’adressait à 25 000 électeurs, dont 20 % de sont déplacés vers les urnes, soit 4 891 personnes. Les habitants 24 communes étaient invités à s’exprimer, du Boulou jusqu’à Coustouges. Les opinions varient nettement selon le lieu d’habitation, car le refus du projet, lors du dépouillement qui a duré 6 heures, était majoritaire dans les communes extérieures à la zone d’emprise ou ‘influence directe du projet. En revanche, les communes de Céret et Saint-Jean-Pla-de-Corts – qui seront les plus concernées, avec Maureillas – ont globalement accepté le projet. Outre le maire de Céret, Michel Coste, l’entrepreneur Jean-Jacques Planes, figure et personnage influent du secteur, s’étaient prononcés favorablement.

Mobilisation depuis 2020

Depuis l’origine des mobilisations, en novembre 2020 la réalisation de ce pont en Vallespir a suscité la création de deux blocs bien distincts : les opposants, autour des l’association Vallespir Terre Vivante et Bien Vivre en Vallespir, et les acteurs économiques.  Les premiers dénonçaient une idée “obsolète” en vertu des “nouveaux enjeux économiques et climatiques”. Les seconds, autour du Groupement Economique Tech Oulrich (GETO) de Céret, affirmaient que “l’intérêt collectif prime sur les intérêts privés” et souhaitaiententrer dans une nouvelle ère, illustrée par un “développement raisonné” du Bas Vallespir. Le GETO regroupe quelque 750 emplois et abrite notamment l’usine de bouchons DIAM’s.

La construction du viaduc, qui pourra désormais être engagée, induit le déblaiement de près de 300 000 m³ de terre végétale. Ce projet comporte deux voies de chaussée de 7 m de large chacune et la construction de trois rond-points.

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