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Pour la première fois de son histoire, la Région Languedoc-Roussillon a avoué sa pauvreté, le 13 avril dernier, lors d’une rencontre avec la Commission européenne. En effet, l’engagement de fonds européens inclus dans la politique de cohésion de l’Union européenne, qui prendra effet après 2013, comporte un classement de certaines régions en catégorie « intermédiaire ». Cet adjectif poli, choisi par la Commission européenne, désigne les entités territoriales dont le PIB par habitant est compris entre 75% et 90% de la moyenne de l’Union européenne. A l’instar de 8 autres régions françaises, le Languedoc-Roussillon, à 84%, est concerné par ce classement des régions en voie de développement, dont il se dispute même la 1ère place, selon les années, avec la Corse et le pas-de-Calais.

Pour plaider la cause régionale, depuis ce lundi, Jean-Claude Gayssot, fidèle du Président régional, Christian Bourquin, est à Bruxelles une deuxième fois, après y avoir mené une délégation en avril. Le Vice-Président délégué aux Relations internationales et à l’Europe y défend l’octroi d’une aide européenne qui pourrait être « bien supérieure à l’actuelle », sur la période 2014-2020, comme l’indique un communiqué régional transmis ce lundi soir. Sur ce même principe de sauvetage économique, il y a quelques mois, M. Bourquin a interpellé le gouvernement Fillon, qui privilégie « une baisse des financements européens », d’après le même message régional. A cette occasion, le Président régional a reçu l’appui « de « bon nombre d’élus du Languedoc-Roussillon, toutes tendances confondues ».

Dans son ensemble, cette intervention concerne grandement les Pyrénées-Orientales, où l’INSEE comptabilise 19,1% de personnes « pauvres » et 10% de personnes « très pauvres ». Elle doit favoriser l’enclenchement de politiques de rattrapages territoriaux, pour compenser le vieux rendez-vous manqué entre l’industrialisation européenne du XIXe siècle et le Sud de la France, à l’inverse de la partie Nord, et de la Catalogne du Sud, qui affiche un PIB à 121%. En ce sens, la politique de cohésion européenne doit financer la formation professionnelle, la recherche, le développement des entreprises, des énergies renouvelables et de l’environnement. Le Languedoc-Roussillon peut bénéficier d’une manne qui rappelle la solidarité européenne envers le développement espagnol des années 1980 et 1990. A l’époque, ce plan a reposé sur un profond dynamisme préalable, qui pourrait bien faire défaut au nord des Pyrénées.

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