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Près de 150 ans après sa montée en prestige, le grenat de Perpignan jouit d’une semaine entière de célébrations. Depuis 2009, la pierre précieuse affectionnée par les bijoutiers catalans du Nord fait l’objet d’une fête liée à leur patron, Saint Eloi, lancée par un Institut du Grenat, qui s’attache à redonner à la tradition un goût de modernité. Jusqu’à ce dimanche 5 décembre, les gestes propres à sa préparation sont mis en valeur en trois expositions, au Muséum d’histoire naturelle, à la Casa Xanxo, et au Palais des Corts, situé précisément sur la place des Orfèvres, lieu d’une intense activité apparue au XIIIe siècle. Une journée d’étude, une conférence et un forum à la FNAC de Perpignan contribuent à la relance de l’activité traditionnelle liée au grenat dans la ville, dans l’intention de renouer avec la mode des élégantes du XXe siècle. Cette série événementielle est organisée par un passionné, Laurent Fonquernie, fondateur de l’Institut du grenat, qui nous avoue défendre une « vocation économique et patrimoniale » du grenat de Perpignan, dans le but de « conserver des artisans bijoutiers et une méthode traditionnelle » en Pays Catalan. Le but avoué de la semaine est ainsi de « redonner une plus-value à la production » de grenats, en élevant le produit « en gamme et en prestige ». Souhaitant « rendre son histoire » au bijou, vieille de plusieurs siècles, « au même rang que la joaillerie française », M. Fonquernie espère intégrer la pierre précieuse au « monde du luxe et de la mode », en la « dé-folklorisant ». La fête se terminera samedi par une projection d’images de grenats sur la façade du Castillet, puis une procession solennelle de la « Confrérie du grenat de Perpignan », dimanche matin.

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