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En 2009, 80% des crédits immobiliers français étaient à taux fixe, mais depuis 2008, la forte baisse de l’Euribor, taux d’intérêt de référence dans la zone euro, avantage ceux qui ont alors opté pour un taux variable. Ainsi, en France la tendance est à renégocier son taux d’intérêt, alors qu’en Espagne, en février dernier 96,1% des crédits avaient un taux d’intérêt variable. Cette grande différence semble pourtant très favorable au marché espagnol, mais avec un taux de chômage à 21,29%, qui atteint 32% chez les étrangers et les 45% chez les 18-25 ans, les crédits immobiliers sont devenus des pièges, d’autant que l’Espagne compte un million de logements vacants. S’il a été facile d’obtenir des crédits dans le pays, qui compte 70% de propriétaires, leurs très longues durées de remboursement, encore très peu pratiquées en France, peuvent devenir de véritables cauchemars pour les emprunteurs.

En cas d’insolvabilité, les propriétaires espagnols de biens immobiliers peuvent les vendre et résoudre leurs problèmes, mais la loi en vigueur datant de 1946, bien qu’amendée par la suite, reste très largement favorable aux prêteurs. La banque peut ainsi récupérer le bien pour la moitié de sa valeur, mais l’emprunteur doit cependant arriver au terme de son remboursement. Il s’agit souvent de sommes élevées, car l’emprunt moyen est de 128.243 euros. En février dernier, le conseil municipal de Mataró, au nord de Barcelone, a voté une motion demandant une modification de cette législation. Avec la crise, et souvent l’impossibilité de revendre son bien, la volonté de modifier les règles du crédit immobilier gagne du terrain. C’est d’ailleurs une des revendications des « Indignés« , qui campent dans les centres-ville, notamment à Barcelone et à Madrid.

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