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La Clau
Le centre-ville de Perpignan a perdu 26 % de ses restaurants depuis 2010
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Les établissements de restauration du centre-ville de Perpignan, au nombre de 258 en 2010, ne sont plus que 190 en 2014. Ce recul, communiqué le mois dernier par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Perpignan, est parallèle à la multiplication des adresses en périphérie de ville, au nombre de 72, après une augmentation de 80 % lors de la même période. L’évidente relation de cause à effet, observée dès les années 1990, s’illustre par une prolifération des logos colorés signalant la restauration, rapide ou conventionnelle, au détour des ronds-points. A la première période des Buffalo Grill et Pizza del Arte s’est ajoutée celle de La Boucherie puis d’Hippopotamus, autant à Perpignan Sud que sur la zone commerciale de Claira-Rivesaltes. La future ponction de clientèle du centre est préparée par Le Carré d’Or, projet commercial polémique amorcé dans la direction de Canet-en-Roussillon. En 2015, cet espace de 15.000 m2, doté de 7 restaurants, incitera à consommer, avec l’avantage du stationnement aisé et de la concentration de l’offre. L’encouragement à la désertification des centres, accentué en France, s’effectue arithmétiquement par un déplacement géographique qui concerne désormais la restauration, après avoir touché les quincailleries et les drogueries, les chausseurs, les commerces alimentaires ou les garagistes et même les cinémas, supplantés par l’industrie commerciale.

Une future réplique à Argelès-sur-mer

Après les premières grandes surfaces des années 1960, lors d’une époque à forte cohésion sociale, les nouvelles phases déterminent de nouvelles fragmentations. En Pays Catalan, les bassins de Céret, Prades et la Côte Vermeille, les zones de Thuir et d’Elne ou encore Ille-sur-Têt, ont chacune leur trityque de supermarchés. Une enseigne traditionnelle dévitalisant le centre a été rejointe par un, voire deux concurrents à bas coût, avec pour résultat un paysage standardisé à l’entrée des gros villages, depuis la dernière décennie. Mais pour l’avenir, une nouvelle étape s’annonce, car les chaînes de de restauration se postent aussi sur ce marché. A Argelès-sur-mer, un multiplexe de 5 à 7 salles de cinéma, soit 964 fauteuils, ouvrira ses portes en 2016 à 60 mètres de la départementale 914. Cette zone accueillera les trois enseignes de restauration franchisée La Pataterie, Le Grand Wok et Poivre Rouge. L’incitation sera forte pour le public, séduit par les logos visibles depuis la route. La nouvelle distribution de clients est imparable, avec une conséquence positive, car certains centres commerciaux implantés dans les zones à faible densité de population constituent de nouveaux « centre-villes », fournissant des raisons de brassage, en marge des coeurs urbains marqués par l’histoire.

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