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La Clau
L’aéroport espagnol de Huesca n’a accueilli que 15 passagers en juillet
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Une révélation chiffrée, effectuée ce mardi à Madrid, remet gravement en cause la stratégie de développement du gouvernement Zapatero. En effet, l’autorité aéroportuaire publique espagnol, Aena, a révélé que l’aéroport de la ville de Huesca, dans la région de l’Aragon, frontalière avec la France et la Catalogne, n’a accueilli que 15 voyageurs au cours du mois de juillet. Cette information fait écho à un autre, dévoilée en juin, selon laquelle la ligne TGV Tolède-Albacete-Cuenca, proche de Madrid, ne transportait que 16 voyageurs par jour. Sitôt fermée, cette réalisation, incluse dans la politique de grands travaux engagée par l’Espagne dans le cadre d’un puissant maillage territorial à grande vitesse, avait démontré les limites de l’ambition ibérique dans le domaine des transports. Cette fois-ci, le coup est porté sur une plateforme aéroportuaire inaugurée en 2007, pour un coût de 40 millions d’euros. Cependant, malgré ces résultats dérisoires, l’Etat espagnol a choisi maintenir en activité cette structure, qui emploie 32 personnes.

Devenu fantôme, l’aéroport de Huesca avait pour vocation originelle de relier les Pyrénées espagnoles au reste du monde, mais son jumeau catalan de Reus, comparable en surface et en moyens, a attiré 226.128 voyageurs lors du même mois de juillet. Un premier rapport, établi par Aena en avril dernier, évaluait à 1000 euros par client la perte engagée à Huesca, alors que des voix s’élèvent désormais contre une gabegie devenue évidente. Cet aéroport a été réclamé, il y une dizaine d’années par l’actuel secrétaire d’organisation du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, Marcelino Iglesias, président de de la députation générale de la région Aragon lors de son ouverture. En Catalogne du Sud, le sentiment partagé par le parti majoritaire, Convergence et Union, au pouvoir au gouvernement, est celui d’une inégalité. En effet, alors que la Ligne à Grande Vitesse Barcelone-Perpignan, à l’origine promise pour 1992, doit attendre 2012 pour fonctionner, la répartition des deniers publics espagnols est au centre des débats, à l’approche des élections législatives « générales », prévues le 20 novembre.

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