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Une importante réunion entre l’exécutif du gouvernement catalan d’Artur Mas et celui du gouvernement espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero, tenue mardi, a débouché sur une avancée notable pour l’aéroport de Girona. Celui-ci s’oriente vers une gestion autonome, en s’émancipant de l’autorité aéroportuaire espagnole AENA. Son nouveau statut, en vigueur dès la fin de cette année, sera comparable à celui prévu pour l’aéroport de Barcelone-El Prat de Llobregat, suite à un accord conclu en décembre. La Generalitat de Catalogne, qui exigeait un transfert de compétence intégral, de Madrid vers Barcelone, pour les aéroports secondaires sud-catalans dont celui de Girona, n’a cependant pas obtenu gain de cause. Le tarmac situé 100 km au Sud de Perpignan n’obtiendra donc pas son indépendance, réclamée par une assemblée de 400 grands décideurs, le 13 mai dernier à Girona, mais il disposera d’une marge de manoeuvre certaine. Sa stratégie commerciale sera renforcée localement, par un droit de décision direct sur les taxes appliquées, et surtout une négociation en direct avec les compagnies aériennes, dont la capricieuse Ryanair.

Au plan juridique, une société filiale d’AENA verra ainsi le jour dans les prochaines semaines, sur le même principe établi pour Barcelone, et un appel d’offres pour une concession de 25 ans sera lancé auprès des entreprises privées et des collectivités publiques. Fin 2011, ou début 2012, l’aéroport de Girona pourrait être géré par une société mixte, voire privée, ou entièrement publique.

Le trafic s’effondre et Ryanair semble se retirer

Les derniers chiffres portant sur le trafic de l’aéroport de Girona sont alarmants, après la perte de 42% de voyageurs entre les mois de mai et juin, tandis que l’aéroport de Barcelone progressait de 23%. Depuis le début de l’année, Girona a accueilli 1,5 million de passagers, c’est à dire 800.000 passagers de moins en comparaison avec la même période de 2010. La nouvelle formule de gestion annoncée devra remédier à ce déficit, face à l’effroi provoqué cette semaine par le transporteur Ryanair, dont le site Internet n’indique plus qu’une seule destination au départ de Girona à partir de novembre prochain. Le divorce latent depuis plusieurs mois pourrait ainsi être consommé, hormis cette offre, qui concerne la ville de l’Alguer, en Sardaigne. Dans le même temps, Barcelone-El Prat affiche l’ensemble des destinations Ryanair détenues jusqu’à présent par Girona, dans ce qui ressemble à un transfert de vols, pur et simple. Le désamour entre la compagnie irlandaise et Girona repose sur la somme de 15 millions d’euros, exigés au gouvernement catalan par le roi du low cost, en échange de prestations pérennes. Mais Barcelone ne propose que 7,5 millions, avec le sentiment certain de faire l’objet d’un chantage.

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