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Le maire de Saint-Cyprien et président de la petite communauté de communes Sud-Roussillon, Thierry del Poso, a rendu officielle, ce jeudi, une décision prise la semaine dernière, puis discutée au début de cette semaine lors de deux réunions publiques. L’intercommunalité qu’il dirige devrait fusionner, l’année prochaine avec tout ou partie de la communauté de communes « Secteur Illiberis ». Saint-Cyprien, actuellement associée aux communes de Latour-Bas-Elne et Alénya, s’unirait ainsi avec les communes de Bages, Ortaffa, Corneilla-del-Vercol, Montescot et Théza, bien que seules ces trois dernières soient entièrement convaincues de l’opportunité. Les cinq communes composent Illiberis, une intercommunalité singulière, car la ville d’Elne, à laquelle elle emprunte son nom antique, n’en fait pas partie, et reste isolée. Tout aussi insolite est le fait que le futur ensemble intercommunal couvrira une bonne partie de la zone traditionnellement appelée « bassin d’Elne ».

Cette intercommunalité « Sud Roussillon – Illiberis », qui disposera de plus de 26.000 habitants d’après le cumul des chiffres de l’institut national de la Statistique et des études économiques (Insee), aura pour ville principale Saint-Cyprien, dotée de 11.000 habitants, où est installé le siège de Sud Roussillon. Ce redéploiement territorial, qui abat l’hypothèse d’une entrée de Saint-Cyprien dans Perpignan-Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA), pourra relancer la possibilité d’une grande agglomération du Sud du Pays Catalan. Justement, ce projet a été imaginé il y a deux ans par le maire d’Elne, Nicolas Garcia, désireux de contrer PMCA par l’addition de 65 communes, correspondant à gros traits à la 4ème circonscription électoral des Pyrénées-Orientales. Mais avant cette lointaine éventualité, la fusion suggérée par M. del Poso doit être acceptée par Illiberis et validée par le préfet du territoire, Jean-François Delage, occupé à dessiner la future carte du Schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI).

Dans le puzzle du Roussillon, la non-adhésion de Saint-Cyprien à Perpignan-Méditerranée prive cette dernière d’un supplément de façade maritime au Nord, tout en scindant la carte de la partie Est du Pays Catalan en deux parties. Car la position charnière de Saint-Cyprien pourrait, à terme, donner lieu à un rapprochement avec la ville d’Argelès, où siège la Communauté de Communes des Albères et de la Côte Vermeille, composée de 12 communes. Le puzzle encerclerait alors la ville d’Elne et ses bientôt 9000 habitants, transformée en enclave, contrainte par voie préfectorale d’épouser l’intercommunalité environnante, sur l’exemple de la ville de Cabestany, englobée par Perpignan-Méditerranée le 1er janvier dernier. La Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) des Pyrénées-Orientales supervise l’ensemble du processus, avec en ligne de mire le début de l’année 2012, lorsque le premier mariage sera scellé. Selon la loi, de nouvelles alliances interviendront jusqu’en 2013, avant la version définitive de la nouvelle France des territoires, attendue pour 2014, en rupture avec l’insolite.