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L’information répercutée ce lundi 12 octobre par une myriade de médias, parmi lesquels La Clau, sur l’annulation du référendum catalan du 9 novembre, était hâtive. Ce mardi 13 octobre, face à une représentation médiatique extrêmement fournie, le président catalan, Artur Mas, est intervenu en « urgence », pour défendre le « concensus politique » et répondre au « défi en majuscules » posé à la Catalogne et à l’Espagne sur une échelle de « plusieurs siècles ». Le chef de l’exécutif autonome a annoncé la reformulation de la consultation du 9 novembre. « Le gouvernement se sent suffisamment fort », a certifié Artur Mas. « Il y aura des locaux ouverts, des urnes et des bulletins. Le gouvernement préparera toute la logistique nécessaire », a précisé le leader politique, dans une défiance absolue du gouvernement espagnol. L’échéance du 9 novembre se déroulera sous la formule de la « participation citoyenne », contenue dans la loi catalane. Elle devra mobiliser plus de 20.000 volontaires, chargés des bureaux de vote, en « collaboration active » des 920 mairies, sur un total de 947, qui soutiennent le « droit à décider ». Un « Conseil général de participation » assurera le contrôle de cette échéance, dont les résultats seront communiqués le 10 novembre.

Vers des élections plébiscitaires

La nouvelle stratégie contourne la loi espagnole, en se faufilant dans un interstice. La consultation sera « anticipée avant la consultation définitive », a signifié Artur Mas, en indiquant la possibilité ultérieure de convoquer des élections plébiscitaires, qu’il convoquera « de manière ordinaire (…) d’ici l’année 16″‘. Si la « majorité absolue » s’avérait indépendantiste, cette seconde étape donnerait lieu à des conséquences irrévocables pour la « transition nationale ». Ce scénario, prévu dès décembre 2013 par le gouvernement catalan, est connu du gouvernement espagnol. Son président, Mariano Rajoy, estimait ce mardi 13 octobre au matin que l’annulation de la consultation dans sa forme première constituait une « excellente nouvelle ». La nouvelle feuille de route, qui illustre une détermination politique inédite en Europe, promet des semaines de très haute tension à Barcelone, à Madrid et à Bruxelles.

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